Brochure2012

Pages: 13 (3169 mots) Publié le: 13 décembre 2012
LA PSYCHANALYSE DES DESSINS ANIMÉS
Geneviève DJENATI est psychologue clinicienne et psychothérapeute chargée de cours à l'Université de Paris V. Elle est aussi l'auteur du livre La psychanalyse des dessins animés sorti en octobre 2001 et réédité en février de cette année aux éditions L'Archipel.
Les psychologues ayant une influence grandissante dans notre société tant sur le corps professoralque sur les chaînes de
télévision ou encore les associations de parents, il nous a semblé indispensable de rencontrer son auteur. Ce fut aussi pour nous l'occasion d'éclaircir quelques points litigieux.



Animeland : A la lecture de ce livre on est assez surpris de constater qu'il ne s'agit pas de la psychanalyse des dessins animés, mais plutôt de l'impact de ceux-ci sur la petite enfance.Avez vous voulu par ce titre faire référence à l'ouvrage Psychanalyse des contes de fées de Bruno BETTELHEIM ?
Geneviève DJENATI : En fait le titre n'est pas de moi, il a été choisi par l'éditeur qui souhaitait effectivement que celui-ci fasse référence à La psychanalyse des contes de fées, mais aussi à La psychanalyse des bandes dessinées. Personnellement j'avais choisi Ca cartoon sur le divanqui faisait à la fois allusion au divan du psychanalyste et à celui ou l'enfant regarde des dessins animés.



AL : Comment vous est venue l'idée de ce livre, est-ce là aussi une proposition de l'éditeur ?
G.D. : En fait, à l'université, je supervise des mémoires sur l'imaginaire des enfants, et c'est grâce à une amie que j'ai pu prendre contact avec l'éditeur, qui cherchait quelqu'un pourtraiter ce thème. C'était également pour moi le moyen pour parler de l'enfance face aux images. Ce livre est surtout destiné aux parents qui souhaitent un support de réflexion sur ce qu'ils transmettent à leurs enfants. Pour me renseigner par rapport au dessin animé, j'ai eu l'occasion de rencontrer entre autres Michel OCELOT le réalisateur de Kirikou et la sorcière, Thierry SOREL de Canal J, SamuelLEPASTIER qui est un psychanalyste très médiatisé qui a travaillé beaucoup sur les effets de l'image.



AL : Il est surprenant à la lecture de ce livre de constater que selon vous un enfant ne distingue pas réalité et fiction. C'est d'autant plus surprenant que le graphisme sépare la réalité de la fiction contrairement aux films "live". Sur quoi basez-vous ce constat, et surtout à partir dequel âge pensez-vous qu'il n'y a plus d'amalgame ?
G.D. : En fait plus l'enfant est jeune et moins il distingue son monde interne du monde externe. Par exemple, si sa mère est en retard pour le biberon, l'enfant va dans un premier temps "halluciner" le biberon en tétant dans le vide, puis lorsque la faim sera trop forte il va hurler car l'imaginaire ne peut palier ses besoins physiques. Petit àpetit en grandissant la distinction entre réalité et imaginaire se fait, cependant l'amalgame peut continuer à exister notamment lors des cauchemars que font certains enfants. Ces cauchemars les réveillent, pourtant ils continuent à avoir la certitude que les événements arrivés dans leurs rêves se sont vraiment passés. Même si vers 4 ans ce genre d'amalgames est moins fréquent, la frontièreimaginaire/réelle reste fragile. A cet âge où le complexe oedipien est latent, le petit garçon peut souhaiter que son père disparaisse. Le problème, c'est que si cela arrive, réellement au travers de la mort du père ou de son départ par exemple pour cause de divorce, l'enfant va s'imaginer alors que ce qui arrive est sa faute parce qu'il l'a souhaité. Cette confusion entre la réalité et ce qu'il s'imaginepeut entraîner un traumatisme profond.



AL : Pour illustrer vos propos, vous aviez cité l'exemple de l'enfant qui voulant imiter Superman s'est jeté dans le vide du haut d'un immeuble. Ne pensez-vous pas que c'est plutôt les films de Superman et non la BD ou le DA qui ont généré son comportement ? Ne peut on pas penser en fin de compte que le film étant plus réaliste, l'enfant n'a plus la...
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