Céline

Pages: 8 (1918 mots) Publié le: 11 septembre 2010
“Le voyage, c’est la recherche de ce rien du tout, de ce petit vertige pour couillon.”



La Guerre



- Oh! Vous êtes donc tout-à-fait lâche, Ferdinand! Vous êtes répugnant comme un rat...

- Oui, tout-à-fait lâche, Lola, je refuse la guerre et tout ce qu’il y a dedans... Je ne la déplore pas moi... Je ne pleurniche pas dessus moi... Je la refuse tout net, avec tous les hommesqu’elle contient, je ne veux rien avoir à faire avec eux, avec elle. Seraient-ils neuf cent quatre-vingt-quinze millions et moi tout seul, c’est eux qui ont tort et c’est moi qui ai raison, parce que je suis le seul à savoir ce que je veux: je ne veux plus mourir.



L’Afrique



“Les crépuscules dans cet enfer africain se révélaient fameux. On n'y coupait pas. Tragiques chaque fois commed'énormes assassinats du soleil. Une immense chique. Seulement c'était beaucoup d'admiration pour un seul homme. Le ciel pendant une heure paradait tout giclé d'un bout à l'autre d'écarlate en délire, et puis le vert éclatait au milieu des arbres et montait du sol entraîné tremblant jusqu'aux premières étoiles. Après ça, le gris reprenait tout l'horizon et puis le rouge encore, mais alors fatigué lerouge et pas pour longtemps. Ça se terminait ainsi. Toutes les couleurs retombaient en lambeaux, avachies sur la forêt comme des oripeaux après la centième.”



New York



“Figurez-vous qu’elle était debout leur ville, absolument droite. New York c’est une ville debout. On en a déjà vu nous des villes bien sûr, et des belles encore, et des ports et des fameuses même. Mais chez nous, ellessont couchées les villes, au bord de la mer ou sur les fleuves, elles s’allongent sur le paysage, elles attendent le voyageur, tandis que celle-là, l’Américaine, elle ne se pâmait pas, non, elle se tenait bien raide, là, pas baisante du tout, raide à faire peur.”



Quand j’ai fait avec Jean-François l’échange de “mes” Chouraqui contre “son” Voyage au Bout de la Nuit, je me suis bien sûr poséla question de savoir si je l’ouvrirais un jour. Depuis le début du mois de Janvier, le livre est resté à la place où je l’ai déposé machinalement. C’était la première fois que Céline entrait chez moi - il savait qu’il n’était pas le bienvenu - et puis j’avais ce polar israélien à finir, ce “journal” de mon voyage en Israël à écrire, les rubaiyat à traduire avec Blake, le compte-rendu à faire dulivre de Latifa, mes propres notes à reprendre, mon tournoi de scrabble du samedi, mes amis à voir, mes mails à envoyer... Quand aurais-je le temps d’ouvrir ce Voyage? Une force me retenait, je savais que c’était viscéral, que je n’aurais pas le courage de faire ce que je m’étais interdit durant toute ma vie d’adulte. Et puis, avant-hier soir, j’ai repensé à ce que m’avait dit Jean-François: “Tune peux pas mourir idiote” et j’ai pris le livre sur la table basse où je l’avais laissé. J’ai décidé que je le lirais comme une étudiante, parce qu’on m’avait demandé de le faire et que je ne pouvais refuser. Je le lirais en diagonale parce que tous ces mots, c’était trop pour un début, pour une tentative.

Je suis fière, j’ai lu d’un trait toute la première partie qui a trait à la guerre de14-18. Je n’ai rien trouvé de choquant dans ce récit qui diffère peu de ce que j’ai entendu de la bouche même de mon père, quand j’étais petite: les tranchées, la boue, l’horreur, l’Allemand qui vous tire dedans avec un fusil ou une mitrailleuse, le colonel qui reste à découvert et se croit héroïque en ne bougeant pas d’un pouce devant le feu trop nourri, Bardamu[1] à côté de lui qui voudrait bien secacher sous les arbres proches, la grenade qui explose dans la figure de Robinson[2] qui “ne voit plus et se rend compte qu'il restera aveugle sans doute jusqu'à la fin de sa vie...”, le pauvre type qui vient apporter toutes les cinq minutes une dépêche du général planqué, les deux jours de repos où l’on reçoit à peine sa part de viande, les fermes désertées dont on pille les provisions...
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