Carnets de naufrage

697 mots 3 pages
«L’orage est passé au bout d’une vingtaine de minutes, déplaçant sa rage vers l’est, tandis qu’une brise chaude prenait sa place. Je me suis remis au volant et, après plusieurs essais, le moteur a redémarré en toussotant. J’étais trempé jusqu’aux os mais je n’avais pas froid. Lorsque je suis arrivé chez moi, le ciel s’éclarcissait par endroits, laissant traverser des rayons de lune.» Comme une métaphore du roman qu’ouvre ce quatrième paragraphe de Carnets de naufrage, c’est aussi un orage que traverse Alex, son héros. Peine d’amour, crise d’identité, crise existentielle – les trois ne sont-elles pas la même chose? -, sont en effet au coeur de cette dérive. Sujet déjà vu – bien sûr -, mais rendu avec talent par Guillaume Vigneault, dans ce premier livre.
Alex, barman à L’Asile, a laissé tomber la littérature (mais il y fait souvent référence au cours de son récit) et perd la femme de sa vie. «Marlène m’avait fauché au ras du sol, sauvagement, sans avertissement, et mon débitage ne faisait que commencer. Mais ce matin-là, je sentais de nouveau ma sève.» Cette dérive mènera vers une lente remontée vers la lumière, ce que raconte Vigneault dans ce récit d’apprentissage, dont chaque étape marque un progrès vers l’acceptation d’une nouvelle vie, sans la femme aimée.
Alex, pour survivre à cette rupture, partira au bord de la mer, avec Camille; et puis au Mexique, avec Katarina. Ni l’une ni l’autre ne combleront le vide que ressent le narrateur. Mais il le sait. Et il cherche à comprendre ces femmes, qu’il n’aime qu’en surface, et avec lesquelles il se perd un peu plus: après le plaisir, que reste-t-il de leurs amours? Pas grand-chose, juste un peu plus de solitude. «Depuis l’atterrissage, en fait, elle était particulièrement rêche avec moi. (…), nous avions l’air d’un couple blasé se livrant une sourde guerre.»
Ce n’est pas dans les bras des femmes qu’Alex se livre aux plus fructueuses introspections, mais dans ses échanges avec les hommes qu’il croisera tout au long

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