Chronique d'un été - jean rouch

Pages: 6 (1425 mots) Publié le: 24 février 2011
Juhe Sukuzi

Analyse de documentaire

Chronique d’un été
réalisé par Edgard Morin et Jean Rouch

Cinéma Vérité. Le terme est utilisé pour la première fois en 1960 par Edgar Morin, sociologue français, à propos du film qu’il réalise avec Jean Rouch ; Chronique d’un été. A cette époque, grâce aux progrès techniques (16mm, Nagra, etc), il est pour la première fois possible d’enregistreraussi bien les images que le son en extérieur et au même moment. Morin et Rouch profitent de cela pour réaliser ce film en plein Paris, en filmant aussi bien dans la rue que dans des appartements exigus. Mais ce n’est pas seulement en cela que ce film innove, il marque aussi le début d’un nouveau mouvement, d’un nouveau style, le Cinéma Vérité, ensuite appelé Cinéma Direct. Qu’est-ce que cela ? Etqu’a ce film de si innovant ? C’est ce que nous tenterons de découvrir en analysant cette œuvre. Pour cela nous nous intéresserons d’abord aux sujets les plus explicites du film en tant que documentaire, autrement dit la vie des français en 1960, pour ensuite passer au problème peut-être plus implicite qu’il révèle, la réflexion sur le cinéma documentaire et même le cinéma en général, et sonrapport au réel.

Chronique d’un été est avant tout un film sur les français, leur vie et la vision qu’ils en ont. Le film analyse à travers des interviews, des discussions, des réflexions, la France de 1960. Pour cela, une dizaine d’acteurs (nous nous permettrons de les désigner ainsi malgré le fait qu’ils ne jouent aucun rôle sinon le leur) de classe ouvrière, ainsi que des artistes et desétudiants nous livrent leurs opinions. En faisant ainsi appel à des personnes issues du prolétariat, Morin et Rouch veulent probablement, à travers eux, faire une critique, ou du moins un constat de la situation économique des français. De la même façon, ils introduisent le problème de la race en faisant participer Landry, étudiant noir, et Marceline, juive qui a été victime des camps de concentration.Pour autant le film ne tombe jamais dans le cliché ou les grandes généralités. En effet, Landry et Marceline, au lieu de parler de leurs souffrances respectives, nous font part de ce qu’ils ont surmonté (par exemple le complexe d’infériorité pour Landry) ou ce dont ils se rappelle (Marceline et son père) mais sans jamais s’apitoyer sur leurs sorts.
Ce documentaire est moins un film qui nousapprend des choses qu’un film qui nous fait réfléchir sur certains sujets. Certes il nous apprend certains aspects de la vie d’un étudiant, d’un ouvrier, d’un peintre, mais ce n’est pas du tout son but. Ce film s’intéresse avant tout à la réflexion des ces personnes, leurs visions des choses, leurs opinions, et par conséquent, il nous interroge nous et nous implique davantage. En montrant cesacteurs chez eux, dans la rue, sur une terrasse, et non dans un décor ou un studio, mais aussi en leur posant des questions auxquelles n’importe qui a sa propre réponse, nous nous sentons directement concernés.
Mais ce n’est pas tout, le film nous implique aussi par le réalisme des images. En effet grâce au matériel plus léger, comme nous l’avons dit, les réalisateurs peuvent suivre leurs acteurspartout, et si cela implique aussi un mouvement presque constant de la caméra (même lors des plans fixes, il n’y a pas toujours de trépied, et donc de légers mouvements), cela donne au film un caractère de reportage bien plus accessible. Cependant soyons clair, ce film n’est en aucun cas un reportage, et s’il est considéré comme le premier film de ce nouveau genre appelé Cinéma Vérité, c’estsurtout pour la nouvelle vision qu’il a apportée au cinéma documentaire.

« Il y a deux façons de concevoir le cinéma du réel : la première est de prétendre donner à voir le réel ; la seconde est de se poser le problème du réel. De même, il y avait deux façons de concevoir le cinéma-vérité. La première était de prétendre apporter la vérité. La seconde était de se poser le problème de la...
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