Cogito

Pages: 14 (3386 mots) Publié le: 13 octobre 2012
INTRODUCTION
Descartes vécut de 1596 à 1650. Parmi les neuf leçons qui ont été consacrées à son œuvre par le professeur Alquié, le « cogito cartésien » qui retient ici notre attention occupe la cinquième place. C’est dire que l’affirmation « cogito ergo sum », dite néanmoins « première », figure au beau milieu de ces leçons. Il est cependant nécessaire de ne pas attendre la cinquième leçon pourindiquer au lecteur ce que, dans ses grandes lignes, cette affirmation signifie. Comme le précise Alquié, ce « je pense donc je suis » se trouve dans la quatrième partie du Discours de la méthode (1637) et dans la première partie des Principes de la philosophie (1644). Ces ouvrages fournissent directement de précieuses indications.
Considérons d’abord le texte du Discours de la méthode. « Je prisgarde », dit Descartes, « que pendant que je voulais ainsi penser que tout était faux, il fallait nécessairement que moi qui le pensais fusse quelque chose. » Remarquons ici, que, ce dont Descartes affirme d’abord l’existence, c’est son moi, et ce moi, il l’affirme au titre de « quelque chose ». Sur ces points du reste, Descartes ne variera jamais. Toujours le cogito sera affirmation du moi, ettoujours le moi sera considéré comme quelque chose, à savoir comme substance pensante , comme res cogitans, ainsi qu’il le dira plus tard.
Descartes remarque alors que la vérité « je pense donc je suis » est si assurée « que toutes les plus extravagantes suppositions des sceptiques » ne sont pas « capables de l’ébranler ». Il faut insister sur ceci, car les Principes, sept années plus tard,reprendront presque mot à mot cet argument. « Nous avons tant de répugnance », dira Descartes dans le paragraphe 7, « à concevoir que ce qui pense n’est pas véritablement en même temps qu’il pense que, nonobstant toutes les plus extravagantes suppositions, nous ne saurions nous empêcher de croire que cette conclusion : je pense donc je suis, ne soit vraie. »
Ces textes, à vrai dire, sont déjà, au dired’Alquié, fort significatifs.
< Ils semblent établir que le cogito ne constitue au doute qu’une exception de fait. De la vérité du « je pense », Descartes semble ne donner d’autre preuve que celle-ci : en fait, il et impossible de douter que je suis au moment où je doute. En d’autres termes, la nécessité qui se révèle ici semble d’abord une nécessité de fait et non pas de raison. Elle exprimel’impossibilité, constatée plus que comprise, de porter un jugement contraire. Le doute nous met en face de la pensée qui doute, comme d’un fait qui ne peut être éliminé. Et la non-possibilité de l’élimination de ce fait vient de la situation absolument unique que le doute occupe par rapport à ma pensée, puisqu’il est ma pensée même.
Donc, comprenons-le bien : de l’existence de tout objet, je puisdouter, et je puis douter parce que je peux toujours établir une certaine distance entre le réel et moi, puisque si l’on préfère, je ne me trouve jamais qu’en face d’idées qui représentent les choses, mais ne sont pas la chose même. Lorsqu’au contraire je dis « je pense », ma pensée est en face d’une idée qui est la chose même. Elle est en face de ce qu’elle affirme, puisqu’elle est ce qu’elleaffirme. Je ne puis donc douter que je pense , et donc que je suis.>

Cependant, avant d’arriver au cogito du Discours (1637), il nous faut aborder les thèmes qui annoncent la métaphysique de Descartes, sans pour autant la constituer. Nous verrons d’abord que le premier souci de Descartes et qui l’a préoccupé de 1619 à 1628, a été un souci de science et de méthode et non pas du tout un soucimétaphysique. Nous verrons ensuite, au cours d’une deuxième période (1628 à 1637), d’une part, se développer le désir de Descartes de généraliser la certitude mathématique et de l’étendre à tous les domaines et, d’autre part, s’élaborer sa métaphysique spontanée avec sa théorie de la création des vérités éternelles. A cette métaphysique spontanée viendra s’adjoindre, lors d’une troisième période...
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