Comment expliquer que les formes de déliquance diffèrent d'un groupe social à l'autre

5788 mots 24 pages
1.3 – MARCHE ET SOCIETE
1. Les hommes ont échangé à toutes les époques. Cela signifie-t-il que l'économie de marché ait toujours existé, en tout lieu et en tout temps, comme le pensent les libéraux ? Autrement dit, le marché est-il un principe de fonctionnement universel et naturel ? Les échanges marchands sont-ils les seuls types d’échange possibles ? L’intérêt est-il le seul moteur des activités humaines ? 2. Le marché est souvent opposé à l’Etat. Les libéraux considèrent que le bon fonctionnement du marché implique l’absence d’intervention de l’Etat dans l’économie. Qui est à l’origine de la création d’un marché ? Qui fixe les règles de son fonctionnement ? Quel est le rôle de l’Etat dans le bon fonctionnement du marché ? L’Etat ne doit-il pas compenser les défaillances du marché ? 3. Les relations humaines ne sont pas seulement économiques. Elles sont aussi sociales (familiales, amicales,…). Ces relations sociales sont-elles solubles dans le marché ? En d’autres termes, le marché est-il le seul principe d'organisation économique possible pour une société ? Son extension est-elle infinie ? L’économie de marché peut-elle déboucher sur une « société de marché » ?

A – LA CONSTRUCTION HISTORIQUE ET SOCIALE DU MARCHÉ
a) – Le marché est un ordre naturel selon les libéraux 1. Pour l’économiste « classique » et libéral Adam Smith, les hommes sont incités « naturellement » à échanger pour deux raisons :  Le marché les a conduit à se spécialiser et cette division du travail les rend interdépendants. Ils sont donc condamnés à échanger leur production ; Ce qui permet la division du travail, c’est donc l’échange. Les hommes se répartissent les tâches pour survivre, puis s’échangent les fruits de leur travail. Plus les échanges s’accroissent, plus les hommes sont à même de se consacrer à une tâche particulière et d’espérer des autres la satisfaction de leurs autres besoins. En poursuivant des buts égoïstes dans l’échange, les hommes s’enrichissent mutuellement

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