Comment se présente le problème même d'une littérature française en Belgique ?

15474 mots 62 pages
BELGIQUELettres françaises

Comment se présente le problème même d'une littérature française en Belgique ?
Si des éléments comme la race, le peuple, le climat ou le décor de la vie ont leur importance dans la formation de l'esprit des écrivains et, par là, dans l'aspect de leurs produits, il n'en reste pas moins que ce qui les crée écrivains, ce qui les fait entrer en littérature, c'est le fait que cet esprit se donne un moule de langage. En se coulant dans ce moule l'esprit s'achève, et surtout il cesse de n'être qu'une chose intérieure pour devenir esprit formulé, exprimé, et naît ainsi à l'existence littéraire. Voilà pourquoi, au-delà de l'infinie diversité individuelle, il existe des patries d'esprits en tant que manifestés par le langage. L'une de ces patries est la littérature française, et le Belge qui use du français, sa langue naturelle, en fait encore plus irrécusablement partie qu'un Panaït Istrati ou un Julien Green par exemple, puisque le français est pour lui cette chose qu'on n'a pas eu à choisir, chose profonde, portée en soi dès l'enfance, qui est vous-même et par quoi l'on se projette hors de soi pour les autres – et d'abord pour d'autres qui pratiquent le même idiome. Même des Flamands de souche – un Maeterlinck ou un Hellens – s'ils sont venus à la patrie littéraire française, c'est parce que la langue française, parlée par eux dès l'enfance, était celle qui leur permettait de se dire le plus véridiquement : eux non plus n'ont pas choisi. Cette littérature – qu'on l'appelle « connexe et marginale » (G. Picon) ou « seconde » (G. Charlier) – est et ne peut être (par nature et non par choix, mais ayant été forcée à cause de sa situation périphérique de confirmer cette nature par la constance d'une volonté) qu'une littérature française.
C'est bien là son identité. Mais une fiche d'identité ne dit pas le caractère. Ces œuvres, littérairement françaises mais qui ont germé et pris visage dans le milieu particulier des anciens Pays-Bas ou de la

en relation

  • Littérature belge
    31150 mots | 125 pages
  • L’EFFET DIFFÉRENTIEL DE L’ACTION PÉDAGOGIQUE
    3493 mots | 14 pages
  • le japon et oeuvre nothomb
    48142 mots | 193 pages
  • L'autre partie des litteratures francophones: le nord
    8701 mots | 35 pages
  • Le droit
    8371 mots | 34 pages
  • Idées de mémoire
    6121 mots | 25 pages
  • Franz hellens
    3586 mots | 15 pages
  • Figures de l exil ppo 1
    3733 mots | 15 pages
  • Litterature
    3760 mots | 16 pages
  • Annexes Atelier Nothomb
    8545 mots | 35 pages