Commentaire de la scène de la vache malade dans bouvard et pécuchet de flaubert

Pages: 10 (2353 mots) Publié le: 27 mai 2013
FLAUBERT - BOUVARD ET PÉCUCHET



En Normandie, à la fin du XIXème siècle. Bouvard et Pécuchet, deux employés à la retraite, consacrent leurs loisirs à s’initier aux progrès de la science. Pour le moment, ils s’intéressent au magnétisme, c’est-à-dire à l’hypnose, une pratique qui fait, à l’époque, l’objet d’un grand engouement. Après s’être documentés sur le sujet, ils cherchent à mettrece qu’ils ont appris en pratique.



Ils expliquèrent leur moyen magnétique. Alors, le médecin tonna contre le magnétisme, un tas de jongleries, et dont les effets proviennent de l'imagination.
Cependant, on magnétise des animaux. Montacabère l’affirme, et M. Fontaine est parvenu à magnétiser une lionne. Ils n'avaient pas de lionne, mais le hasard leur offrit une autre bête.
Car lelendemain à six heures, un valet de charrue vint leur dire qu'on les réclamait à la ferme pour une vache désespérée.
Ils y coururent.
Les pommiers étaient en fleur et l'herbe, dans la cour, fumait sous le soleil levant. Au bord de la mare, à demi couverte d'un drap, une vache beuglait, grelottante des seaux d’eau qu'on lui jetait sur le corps, et, démesurément gonflée, elle ressemblait à unhippopotame.
Sans doute, elle avait pris du «venin» en pâturant dans les trèfles. Le père et la mère Gouy se désolaient, car le vétérinaire ne pouvait venir, et un charron qui savait des mots contre l'enflure ne voulait pas se déranger ; mais ces messieurs, dont la bibliothèque était célèbre, devaient connaître un secret.
Ayant retroussé leurs manches, il se placèrent, l'un devant les cornes, l'autre à lacroupe, et, avec de grands efforts intérieurs et une gesticulation frénétique, ils écartaient les doigts pour répandre sur l'animal des ruisseaux de fluide, tandis que le fermier, son épouse, leur garçon et des voisins les regardaient presque effrayés.
Les gargouillements que l'on entendait dans le ventre de la vache provoquèrent des borborygmes au fond de ses entrailles. Elle émit un vent.Pécuchet dit alors :
- C’est une porte ouverte à l'espérance, un débouché, peut-être.
Le débouché s'opéra, l'espérance jaillit dans un paquet de matières jaunes éclatant avec la force d’un obus. Les cuirs se desserrèrent, la vache dégonfla. Une heure après, il n'y paraissait plus.
Ce n'était pas l'effet de l'imagination, certainement. Donc le fluide contient une vertu particulière.Gustave Flaubert, Bouvard et Pécuchet, chapitre VIII







I. Un parti-pris prosaïque et anti-romantique
a.une anecdote anti-romantique
b.un décor non idéalisé
c.des personnages prétentieux ou ridicules
II. Les procédés du comique
a.de la théorie à la pratique
b.un narrateur qui s’efface complètement
c.le choix des images
d.un rythme accéléré


I. Un parti-pris prosaïqueet anti-romantique

Dès l’apparition, au XVIIè siècle, du roman comme genre narratif en prose, on a reproché à ce genre son côté artificiel, à la fois sentimental et conventionnel, qui semblait en faire une production destinée essentiellement à un public féminin : intrigues invraisemblables, person-nages idéalisés, édulcoration de la réalité, sentimentalisme excessif. Ici, nous sommes bien loindes conventions du genre ! Ici, aucun romanesque, pas plus dans l’anecdote qu’au niveau du décor, encore moins dans les personnages, humains ou animaux.


Introduction :
Avec Bouvard et Pécuchet, sa dernière œuvre, que la mort l’empêcha d’ailleurs de mener à son terme, Flaubert a voulu écrire le roman de la bêtise humaine. Dans ce roman, Flaubert met en scène deux employés à la retraite, quiconsacrent leurs loisirs à se cultiver, mais qui prétendent aussi mettre en pratique ce qu’ils ont lu. Or, chacune de leurs tentatives pour passer de la théorie à la pratique se solde par une catastrophe. Dans l’extrait qui nous intéresse, nos deux amis s’intéressent au magnétisme, c’est-à-dire à l’hypnose. Nous allons faire de ce texte une lecture méthodique, nous allons d’abord étudier dans...
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