Commentaire diderot, le neveu de rameau (1762)

2072 mots 9 pages
Avec Diderot, tous les moyens semblent bons pour argumenter : le type explicatif, avec l’Encyclopédie, l’œuvre de sa vie qui reste emblématique de l’esprit des Lumières, mais aussi le genre narratif avec le Supplément au voyage de Bougainville ou encore le dialogue avec le Neveu de Rameau, dont nous avons ici un extrait situé en milieu d’œuvre et qui a pour objet de délibérer sur le bonheur et la meilleure façon d’y accéder. Ce texte ressemble à une délibération sur le bonheur : mais ce texte est-il bien argumentatif ? Nous verrons d’abord que ce texte a toutes les apparences d’une argumentation, puis que la théâtralisation prend le pas sur le fond, et enfin, qu’il y a même des éléments aptes à casser l’idée d’une authentique argumentation.

Certes, ce texte offre bien des preuves de sa teneur argumentative. Son propos semble clairement identifiable : dégager, au sein d’un dialogue polémique, la meilleure façon d’accéder au bonheur, ou plutôt, la possibilité d’un bonheur véritable. Pour cela, un certain schéma ainsi que certains procédés sont mis en place par le narrateur. L’échange se veut délibératif, et quoi de plus évident pour cela que de distribuer la parole contradictoire, en la répartissant entre deux personnages opposant leurs points de vue ? La forme théâtrale permet un échange de répliques (cinq dans cet extrait) et indique même clairement qui a le dessus dans le débat : MOI a droit à une tirade, a l’initiative de la parole et clôture la discussion. Celui qui domine la parole domine donc la rhétorique, a droit lui, à une tirade d’une vingtaine de lignes, qui se veut démonstrative, bâtie sur le mode : thèse (le vrai bonheur est ailleurs que dans le plaisir immédiat) /arguments (faire le bien procure le bonheur de façon durable)/ exemple du cadet qui va secourir sa famille). On reconnait ici, dans la confrontation entre deux protagonistes inégaux dans le niveau de réflexion mais suffisamment liés pour engager la conversation (cf. Le possessif et

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