Commentaire du poème "marie qi voudrait votre beau nom tourner" de ronsard

Pages: 9 (2114 mots) Publié le: 10 mai 2010
Le XVIème siècle est caractérisé par le désir de certains artistes de faire un retour au Moyen-âge par un renouveau de ces formes du passé. Le sonnet en est un exemple. Il fut emprunté à l'italien Pétrarque. Certains poètes vont alors se regrouper autour de cette nouvelle forme de poésie : la très célèbre Pléiade. Elle regroupe sept poètes dont les deux chefs de file se trouvent être Du Bellay etRonsard. Ce dernier est très certainement le plus célèbre de la Pléiade, ainsi que le poète le plus reconnu à son époque. Ses recueils de sonnets amoureux sont toujours dédiés à une femme. La Continuation des amours s'adresse ainsi à une jeune femme, paysanne, prénommée Marie. Ce sonnet est un alexandrin régulier et de type CC DEED. Ronsard cherche à convaincre Marie de la nécessité de l'aimer etd'aimer de manière bien plus générale. Nous pourrons alors nous demander comment, derrière le lyrisme qui semble personnel et intime, se dessine les contours d'une conception plus généralisée de l'amour.

Ce sonnet se trouve fondé sur une argumentative par laquelle il faut convaincre la femme d’aimer. Nous trouvons d’ailleurs la thèse de Ronsard dès le début de ce sonnet, dans le second vers :« aimez-moi donc, Marie ». La thèse se trouve validée par une série d'arguments, dont la succession épouse parfaitement la forme du sonnet.
Nous pouvons commencer par parler de la situation d’énonciation de ce sonnet, dont il se trouve plusieurs indices. Le premier mot de ce poème est une apostrophe : « Marie ». Cela correspond à la destinataire du poème. D'ailleurs, dans le premier vers, le poèteutilise « votre », et dans le second vers, « aimez ». La jeune femme se trouve donc mise en valeur, tandis que le poète n'apparait qu'au second plan : « moi » (v 2).
Ce poème a également une dimension argumentative bien ancrée. On remarque la présence de l'impératif au vers 2, 3 et 6 : « aimez », « faites ». Il y a également une répétition de l'apostrophe « Marie » par deux fois. Ils se trouventjudicieusement placés dans le poème, c'est à dire, soit au début, soit à la fin d'un vers. Nous trouvons au vers 9 une tournure impersonnelle de valeur injonctive. Il y a aussi des liens logiques en présence : « donc » (v 2), « et » (v 11) et des « : » (v 2). Le locuteur cherche donc à convaincre « Marie » à l'aide d'un raisonnement construit.
Nous pouvons ensuite étudier les deux premiersquatrains dans lesquels se trouve une série d'arguments relatifs à la particularité du couple. Le premier argument se trouve dans les vers 1 à 3 : le prénom de la femme chérie. Nous pouvons noter que le verbe « aimer » (v 2), se trouve être l'anagramme de « Marie ». Cet argument repose entièrement sur une conception cratyléenne du langage : le nom de « Marie » signifie « l'amour » : d'où la présence du« donc ». Le deuxième argument se trouve dans les vers 4 à 6 : il offre l'idée que Ronsard est l'amant idéal. C'est d'ailleurs le superlatif « meilleur » au vers 4 qui prouve le caractère exceptionnel du poète, et le rend donc apte à offrir les plaisirs de la vie à Marie. Le troisième argument dans les vers 7 à 8, repose sur une idée de fidélité. C'est l'emploi du futur qui montre que le poèteenvisage l'avenir du couple : « prendrons » (v 6), « pourras » (v 8). Le poète à le désir de s'engager dans une relation durable, confirmé par les pronoms personnels qui d'abord séparés sont ensuite réunis par le « nous » (v 6) et « pendus l’un l’autre au col » (v 7) et par un engagement intense : « jamais nulle envie » (v.7). C'est une expression très forte, qui par l'enjambement aux vers 7 et 8,évite la rupture entre les deux vers et montre le lien exceptionnel qui les unis. Ronsard jure donc une fidélité éternelle à Marie.
Continuons par l'étude des deux tercets, dans lesquels se trouvent une seconde série d'arguments, non plus relatifs à la particularité du couple, mais sont d'une portée bien plus générale. De ce point de vue, nous constatons une rupture au niveau de la volta. Le...
Lire le document complet

Veuillez vous inscrire pour avoir accès au document.

Vous pouvez également trouver ces documents utiles

  • Commentaire de : « marie, qui voudrait votre beau nom tourner », ronsard
  • Ronsard : marie, qui voudrait votre beau nom tourner
  • Ronsard "marie qui voudrait votre beau nom tourner"
  • Marie qui voudrait votre beau nom tourné
  • Marie, qui voudrait votre beau nom tourner
  • Commentaire Pierre de Ronsard, Second Livre des Amours, 1578 Marie, qui voudrait votre beau nom tourner
  • Ronsard Marie qui voudrait
  • Ronsard marie qui voudrait....

Devenez membre d'Etudier

Inscrivez-vous
c'est gratuit !