Commentaire sur un corps mangé de vers

Pages: 14 (3421 mots) Publié le: 17 mars 2013
Un cors mangé de vers de Jean Baptiste Chassignet





Introduction


Jean Baptiste Chassignet est né à Besançon en 1571 et meurt en 1630. Sa première œuvre connue a été écrite à vingt ans. Il s’agit d’un recueil de paraphrases de textes bibliques, Job ou de la fermeté (un peu plus de six mille sept cent vers constitués par les six livres de Job, une version des Cantiques de l’Eglise,Le Cantique des cantiques, le psaume 137). Cette œuvre n’a jamais été publiée en entier. En 1594 est imprimé le Mépris de la vie et consolation contre la Mort important volume dont est tiré notre sonnet et constitué par des séries de sonnets numérotés, séparés par des poèmes de formes diverses (odes, poèmes en alexandrins à rimes plates), le plus original de ses ouvrages poétiques. En 1600, ilpublie des traductions des prophètes Osée , Joel, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Zacharie, douze au total.
L’inspiration de Jean Baptiste Chassignet est donc essentiellement religieuse et morale. C’est un poète véritablement nourri par les textes bibliques, très influencé aussi par le courant stoïcien et par Montaigne . Sa marque propre serait le pessimisme, une foi sombre et passionnée. Cettefoi et cette passion ne sont pas simples ; elles ne vont pas sans les déchirures d ‘un drame personnel ; il doit rompre avec les appels du monde, de l’amour et de la sensualité, les exigences de la chair. Chassignet est également marqué par le drame collectif des tourments issus des guerres civiles : « je choisis un sujet conforme aux malheurs de notre siècle »(…) « et tandis que l’honneur detant de carnage et barbaries fidellement rapportées à nos oreilles me frappoit l’imagination, je conclus en moi-même de marcher en la piste de la mort et te monstrer, ami lecteur, l’infirmité et misère de notre condition. » (Préface au lecteur du Mépris de la vie). Mais la méditation de la mort est aussi naturelle à son tempérament. Reprenant mot pour mot un texte de Montaigne, il déclare : « A ceuxqui voudront affirmer que la mémoire du trépas peut rarement tomber au sens d’un jeune homme, je maintiens qu’il n’y a rien de quoi je me sois toujours plus entretenu que des imaginations de la mort, voire en la saison plus licencieuse de mon âge parmi les dames et les jeux, où tel me pensait empêché à digérer à part moi quelque trait de jalousie, ce pendant que je me guindais en lacontemplation des maux et inconvénients qui nous choquent de tout côté . »
Le sonnet que nous proposons d’étudier s’inscrit dans l’esthétique macabre propre au baroque et dans le versant religieux développé après la Contre- Réforme. Il s’agit de contempler la misère de l’homme, pour convertir le fidèle. En ce sens le sonnet apparaît comme un exercice spirituel dans la tradition d’Ignace de Loyola. Le fidèleest invité à imaginer une scène, à se la représenter dans toute sa picturalité, pour accéder à la contemplation d’un mystère. Le mystère doit d’abord être vécu par les sens pour l’être ensuite spirituellement. Nous verrons d’ailleurs que le poète adopte l’ethos du prédicateur qui fait violence, qui impose la souffrance au fidèle pour son bien. Cette esthétique s’appuie sur l’hypotypose figurerhétorique propre à la méditation.


I Un exercice de conversion





L’ethos du prédicateur.




La description du corps décomposé s’inscrit dans un discours adressé comme le souligne l’emploi de l’apostrophe avec le vocatif « mortels », l’emploi des impératifs « pense », « fonde », l’usage de la deuxième personne qui désigne le destinataire « te », « ta fragilité ». L’énonciateurdétient une supériorité sur son interlocuteur. Il intervient comme un guide spirituel comme le suggère le mode injonctif et comme le dépositaire de la sagesse divine, comme le souligne le champ lexical du savoir et de la connaissance : « savant, sage, connoissant, estimant. » Le prédicateur postule que le fidèle peut participer à sa grâce de façon active s’il parvient à contempler la vérité de Dieu,...
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