Commetaire melancholia

286 mots 2 pages
Cette fille au doux front a cru peut-être, un jour,
Avoir droit au bonheur, à la joie, à l´amour.
15 Mais elle est seule, elle est sans parents, pauvre fille!
Seule! -- n´importe! elle a du courage, une aiguille!
Elle travaille, et peut gagner dans son réduit,
En travaillant le jour, en travaillant la nuit,
Un peu de pain, un gîte, une jupe de toile.
20 Le soir, elle regarde en rêvant quelque étoile,
Et chante au bord du toit tant que dure l´été.
Mais l´hiver vient. Il fait bien froid, en vérité,
Dans ce logis mal clos tout en haut de la rampe;
Les jours sont courts, il faut allumer une lampe;
25 L´huile est chère, le bois est cher, le pain est cher.
O jeunesse! printemps! aube! en proie à l´hiver!
La faim passe bientôt sa griffe sous la porte,
Décroche un vieux manteau, saisit la montre, emporte
Les meubles, prend enfin quelque humble bague d´or;
30 Tout est vendu! L´enfant travaille et lutte encor;
Elle est honnête; mais elle a, quand elle veille,
La misère, démon, qui lui parle à l´oreille.
L´ouvrage manque, hélas! cela se voit souvent.
Que devenir? Un jour, ô jour sombre! elle vend
35 La pauvre croix d´honneur de son vieux père, et pleure;
Elle tousse, elle a froid. Il faut donc qu´elle meurt!
A dix-sept ans! grand Dieu! mais que faire?... -- Voilà
Ce qui fait qu´un matin la douce fille alla
Droit au gouffre, et qu´enfin, à présent, ce qui monte
40 A son front, ce n´est plus la pudeur, c´est la honte.
Hélas, et maintenant, deuil et pleurs

en relation