Corpus

Pages: 21 (5086 mots) Publié le: 9 juin 2012
Le Groupement de textes, 23 03 2001 Juvénat : Corpus de textes sur le théâtre et la comédie

( Georges de Scudéry : La Comédie des comédiens 1634
Le dénouement de la pièce :
M. de Blandimare s'adresse à une troupe de comédiens, adversaire du théâtre et de la comédie, il a auparavant vivement critiqué la profession de comédien.


M De Blandimare

Non, non, je lève le masque ;
et je vousfais réparation d' honneur,
pour ce que j' ay dit en soupant :
encore que ma satyre ne s' adressât
point à la profession, mais seulement à
ceux qui s' en acquittent mal. Car il faudrait
être privé de raison, pour mépriser
une chose tant estimable : la comédie,
qui a été en vénération dans
tous les siècles, ou les sciences fleurissaient !
La comédie, jadis le divertissement
desempereurs, et l' entretien des
bons esprits : le tableau des passions,
l' image de la vie humaine, l' histoire
parlante, la philosophie visible, le fléau
du vice, et le trône de la vertu. Non,
non tant s' en faut qu' elle me soit en
horreur, que voyant comme elle est en
son lustre parmi vous, je loue le jugement
de mon neveu, de s' être mis en
votre troupe : et pour vous montrer
que j' ai ce queje dis, aussi bien dans le
cœur, que dans la bouche, et que bien
loin de soupçonner votre profession
d' ignominie, je la tiens fort glorieuse ;
je la veux embrasser moi-même, si
vous me voulez recevoir.

( Corneille, L’Illusion comique, 1639, Acte V, scène 6

ALCANDRE
Cessez de vous en plaindre, à présent le Théâtre
Est en un point si haut qu'un chacun l'idolâtre,
Et ce que votre tempsvoyait avec mépris
Est aujourd'hui l'amour de tous les bons esprits,
L'entretien de Paris, le souhait des Provinces,
Le divertissement le plus doux de nos Princes,
Les délices du peuple, et le plaisir des grands;
Parmi leurs passe-temps il tient les premiers rangs,
Et ceux dont nous voyons la sagesse profonde
Par ses illustres soins conserver tout le monde
Trouvent dans les douceurs d'unspectacle si beau
De quoi se délasser d'un si pesant fardeau .
Même notre grand Roi ce foudre de la guerre
Dont le nom se fait craindre aux deux bouts de la terre,
Le front ceint de lauriers daigne bien quelquefois
Prêter l’œil et l'oreille au Théâtre François :
C'est là que le Parnasse étale ses merveilles
Les plus rares esprits lui consacrent leurs veilles,
Et tous ceux qu'Apollon voitd'un meilleur regard
De leurs doctes travaux lui donnent quelque part.
S'il faut par la richesse estimer les personnes,
Le Théâtre est un fief dont les rentes sont bonnes,
Et votre fils rencontre en un métier si doux
Plus de biens et d'honneur qu'il n'eût trouvé chez vous.
Défaites-vous enfin de cette erreur commune
Et ne vous plaignez plus de sa bonne fortune.

( Molière DOM JUAN, 1665Scène première
SGANARELLE, GUSMAN
SGANARELLE, tenant une tabatière :

Quoi que puisse dire Aristote et toute la Philosophie, il n'est rien d'égal au tabac : c'est la passion des honnêtes gens, et qui vit sans tabac n'est pas digne de vivre. Non seulement il réjouit et purge les cerveaux humains, mais encore il instruit les âmes à la vertu, et l'on apprend avec lui à devenir honnête homme. Nevoyez-vous pas bien, dès qu'on en prend, de quelle manière obligeante on en use avec tout le monde, et comme on est ravi d'en donner à droit et à gauche, partout où l'on se trouve ? On n'attend pas même qu'on en demande, et l'on court au-devant du souhait des gens : tant il est vrai que le tabac inspire des sentiments d'honneur et de vertu à tous ceux qui en prennent. Mais c'est assez de cettematière. Reprenons un peu notre discours. Si bien donc, cher Gusman, que Done Elvire, ta maîtresse, surprise de notre départ, s'est mise en campagne après nous, et son cœur, que mon maître a su toucher trop fortement, n'a pu vivre, dis-tu, sans le venir chercher ici. Veux-tu qu'entre nous je te dise ma pensée? J'ai peur qu'elle ne soit mal payée de son amour, que son voyage en cette ville...
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