Critique littéraire

Pages: 5 (1206 mots) Publié le: 25 novembre 2012
T.-V. J.
22/10/11
T°L
Si c'est un homme, Primo Levi

« ...Jusqu'à ce qu'un jour
dire « demain » n'ait plus de sens. »

Ce n'est pas pour rien que Si c'est homme est considéré comme une œuvre majeure du XXème siècle. On ne peut ressortir indifférent face à un récit qui nous présente avec une effroyable objectivité les horreurs des camps.
Primo Levi, deux ans après sa sortie des camps,décide de nous livrer son témoignage. Et il le fait bien. Dans cette œuvre, nulle trace de haine, si ce n'est de la part des nazis, de rancœur ou de désir de vengeance. L'auteur nous raconte une réalité uniquement factuelle, ne fait que constater, sans jamais sombrer dans le larmoyant.

Lorsque commence notre lecture, l'auteur-protagoniste « a vingt-quatre ans, peu de jugement, aucuneexpérience ». Lorsqu'il est fait prisonnier par les Allemands, il ne sait pas réellement ce qui l'attend. Mais sans tergiverser sur la manière dont on les a fait prisonnier, l'auteur enchaîne rapidement sur leur entrée au camp : comment la sélection se faisait, qui partait pour les fours crématoires, idée venue droit de l'enfer, ou pour les camps de travail, selon quel critère un tel tri s'effectuait. Parfoispar des moyens pour le moins expéditifs : « on ouvrait les portières des wagons des deux côtés en même temps. […] Ceux que le hasard faisait descendre du bon côté entraient dans le camp, les autres finissaient à la chambre à gaz. » Et c'est avec ces quelques phrases que l'auteur nous fait comprendre à quel point les juifs étaient considérés comme des objets, des êtres sans valeurs, et la farouchevolonté des Allemandes d'exterminer une « race » entière. Cela nous est confirmé lorsque d'homme, l'auteur devient nombre : « Mon nom est 174 517 ». Marqué sur son bras, comme une bête, ce nombre déterminera beaucoup de choses dans la vie du camp. Il est leur nouvelle identité.
Le récit se poursuit dans un lieu où « les interdictions sont innombrables », où les rêves et les souvenirs sontrapidement refoulés car ils sont source de souffrance morale et que « penser ce n' [est] pas sage », où l'espoir d'un lendemain est avorté dès le début, et où la faim, le froid, la souffrance, la peur, la fatigue font désormais partie du quotidien. Quotidien d' hommes qui ne se considèrent finalement même plus en tant que tel.
On apprend alors la vie du Lager, que l'auteur qualifie de « monstrueusemachine à fabriquer des bêtes » de l'intérieur. Les prisonniers « évoluent dans une sorte de Babel permanente » : Italiens, Français, Polonais, Hollandais. Tous parlent une langue autre que l'Allemand, qu'ils vont pourtant se trouver forcé d'apprendre. Et tous vont devoir se plier aux lois inhumaines des nazis, avec la seule volonté de survivre.
Ce qui étonne est la neutralité apparente de l'auteur.Durant tout le récit, il fait preuve d'une grande objectivité, presque de froideur, sans porter de jugement, simplement en considérant les faits et en nous les offrant tels qu'ils ont été. Mais malgré cette absence de procédés stylistiques dramatisant, son témoignage n'en reste pas moins poignant et pleins de force. De plus la merveilleuse simplicité de sa plume fait de l'auteur un écrivain facileà lire, malgré quelques passages un peu long.
Primo Levi est un auteur qui joue beaucoup sur la figure de répétition. Son insistance fait alors que le lecteur l'assimile et le comprenne. Par exemple, le fait que les prisonniers n'avaient absolument aucun espoir de retour guide tout le récit : Levi nous dit que dans le vocabulaire du camp, le mot « jamais » se traduit en Allemand par un termequi signifie en réalité « demain matin ». Il parle également de « climat où dominait le sentiment du provisoire ». Tout n'est qu'éphémère. Tout espoir est à bannir. Les hommes ne sont plus que la fatalité même.
Ce à quoi l'on ne s'attend pas dans la description de la vie aux camps est le fait qu'il s'y était développé une véritable communauté. Relative, on n'en conviendra, mais bien...
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