Critique ulysse from bagdad, daniel ducharme

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Certains écrivains aiment s'inscrire dans l'ère du temps. Si le ton général est à l'écologie, ils vont concocter une histoire où l'environnement est au cœur des préoccupations des personnages. Est-ce par calcul ? S’agit-il d’une stratégie marketing ? D'aucuns diront que le roman est la voie royale de ceux qui souhaitent participer aux affaires de la cité. Sauf qu’Éric-Emmanuel Schmitt se situe à des kilomètres de l’écrivain engagé des années 1960. Nul engagement non plus quand l’auteur écrit sa Vie avec Mozart (2005) l'année même du 250e anniversaire de la naissance du compositeur. Mais, au fond, qui s’en plaindrait ? Après tout, Éric-Emmanuel Schmitt écrit de bons livres. Et Ulysse from Badgad est un roman qui, comme par hasard, se situe tout à fait dans le ton du monde occidental du 21e siècle. Une histoire en symbiose avec l’actualité politique de ces dernières années. Sauf que, contrairement à Ma vie avec Mozart, Éric-Emmanuel Schmitt ne donne pas à lire un roman léger, un roman divertissant, mais une œuvre forte qui remet à l’ordre du jour, comme une résurgence, la nécessité d’un retour en force de l’humanisme en occident.

Le héros du livre est un Irakien du nom de Saad Saad, nom qui signifie « espoir » en arabe, mais aussi « triste » en anglais. De là cette dualité présente dans tout le roman car, si la tristesse et le découragement prennent souvent le pas à, ce dernier sentiment manifeste aussi sa présence du début à la fin, même si jamais rien n’est acquis, surtout pas avec la « libération » du pays par les Américains. Saad est Irakien, donc. Il est relativement heureux, même si le régime politique de Saddam Hussein fait de la société irakienne un lieu où la peur et, depuis l’embargo international (1991-2003), la faim, sont omniprésentes. Tant que les Irakiens travaillaient et ne manquaient de rien, ils pouvaient fermer les yeux sur les arrestations arbitraires qui sévissaient ici et là. Mais quand le chômage est apparu et, avec lui, la faim et le

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