Cuba Defconsult

61917 mots 248 pages
Vincent Touze

Missiles et décisions
Castro, Kennedy et Khrouchtchev et la crise de Cuba d’octobre 1962

André Versaille éditeur

En octobre 1962, le monde parut au bord d’une conflagration qui aurait été la troisième en moins de cinquante ans. Mais ce que l’on appelle « la crise des missiles de Cuba » aux États-Unis, la « crise des Caraïbes » en
Russie et la « crise d’Octobre » à Cuba n’a pas débouché sur une nouvelle guerre mondiale. On notera ces appellations. Aux États-Unis, c’est une crise relative à des missiles à Cuba, dans l’arrière-cour de la « République impériale ». Une telle appellation paraît presque « évidente » : des missiles à Cuba signifient en eux-mêmes la crise. En Russie, c’est une crise dans les
Caraïbes. C’est l’idée de distance que l’on retient, comme si l’on ne pouvait pas distinguer Cuba. C’est une crise dans une région lointaine, et ce fait géographique marque, en effet, profondément la conduite soviétique de l’évènement. Enfin, à Cuba, c’est la crise qui s’est produite durant le mois d’octobre. Sous-entendu ironique : il y en a eu beaucoup d’autres avec le grand voisin du Nord !
Près de cinquante ans après les faits, cet évènement remarquable de l’histoire contemporaine est analysable à l’aide d’un corpus très riche. La crise des missiles est un des épisodes les mieux connus de la Guerre froide et même, de l’histoire diplomatique tout court. Les témoignages les plus nombreux se sont succédé depuis les années 1990, suscités notamment par plusieurs conférences réunissant anciens responsables américains, cubains et russes. Les archives américaines les plus importantes semblent consultables, avec une contribution précieuse pour les analystes, constituée de bandes enregistrées durant des réunions tenues à la Maison Blanche.
Côté soviéto-cubain, on a assisté à l’ouverture de maintes archives cubaines, à la sortie de publications importantes utilisant les archives soviétiques et à la déclassification de la partie apparemment la plus pertinente

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