Désir

Pages: 14 (3267 mots) Publié le: 14 avril 2011
Y a-t-il de faux désirs ?

Analyse du sujet (sémantique et syntaxique)

QF ( plan dialectique/définitionnel

Remarque préliminaire
Le mot-clé de la question réside dans le sens de l’expression « faux désirs » : comment comprendre ici « faux », quel sens lui donner, à quoi peut-on l’appliquer ? … Il est impossible de faire cettedissertation si son développement ne repose pas sur l’explicitation des sens et des usages de ce mot.

Y a-t-il ?/Il y a

Expression qui pose, quand elle est affirmative, l’existence d’une chose comme donnée, sa « réalité » (« Il y a une pomme sur la table »), et s’interroge sur l’existence ou la réalité de la chose quand elle est déclinée sur le mode interrogatif (« Y a-t-ilde faux désirs ? »).

Faux

Les dictionnaires (le TLF, le Robert, le Larousse, le Lalande…) indiquent que par rapport à vrai et à réel, « faux » peut marquer :
l’« opposition »,
la « contrefaçon »,
l'« écart ».

L’opposition

a) Opposé au vrai, le faux est ce qui est « erroné », ce qui n'est pasvrai, « ce qui est contraire à la vérité », comme dans les expressions : « Avoir des idées fausses sur une question », « Fausses conclusions », « C'est faux ! vous n'avez pas compris ! ». Le mot peut s’appliquer autant aux choses abstraites (« Une fausse morale. De faux principes. »…) qu’aux choses concrètes (« Un faux rapport. Une fausse nouvelle. Une fausse version des événements »…).
b)Opposé à réel, le faux serait ce qui n’a pas de « réalité », ce qui est « irréel » et n’a donc pas d’existence. Mais ce qui n’a pas de « réalité objective » peut en avoir une « subjective », du coup, « faux » plutôt que irréel, indiquerait plutôt « imaginaire », « illusoire », « chimérique »…

Contrefaçon

c) Faux indique contrefaçon quand la chose n'est pasvraiment, réellement ce qu'elle paraît être, comme dans les expressions : « Fausses perles. Faux bijoux. Fausse monnaie »…

Ecart

d) Est faux ce qui n'est pas justifié, fondé, comme par exemple « éprouver une fausse joie à la suite d'une bonne nouvelle bientôt démentie », ou « éprouver une fausse crainte… », ou bien quand on parle de « fausse honte, de faussepudeur ». Or l'écart qui n’est pas justifié conduit, selon une pente naturelle, au sens d'« usurper » un nom, qui n’est pas en fait « mérité », « légitime »

Commentaires des définitions

Nous partirons d'un texte d’Aristote :
« (…) Le faux et le vrai ne sont pas dans les choses, … mais dans la pensée.
» Quand donc y a-t-il ou n'y a-t-il pasce que nous appelons vrai ou faux ? Ce n'est pas parce que nous pensons d'une manière vraie que tu es blanc, mais c'est parce que tu es blanc qu'en disant que tu l'es nous disons la vérité. »
Aristote, Métaphysique.
Selon l’étymologie latine, le mot « veritas » renvoie tout autant à « vérité » qu’à « réalité ». Cette ambivalence ne pouvait qu’engendrer une ambigüité desens : la « vérité » serait-elle du côté de la « réalité », et ce serait alors une « vérité objective » ; ou du côté de l’esprit qui en parle, du côté du « de ce que nous disons sur la chose » et ce serait alors une « vérité subjective » ou « discursive » ? C’est que « vrai » et « faux » sont des adjectifs, et comme tels ils ne devraient être employés que comme prédicats dans un énoncé attributif.Demeure la question : quels sont les sujets possibles pour de tels prédicats ? Ils ne peuvent être attribués, en toute rigueur, à des choses, à la réalité, mais seulement à ce que nous pouvons en dire (ou penser) de la réalité. C’est par extension, et par manière abrégée de parler, que, dans le langage usuel, on leur fait aussi qualifier des choses, comme lorsque nous disons que des...
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