De la tristesse

Pages: 6 (1347 mots) Publié le: 9 octobre 2013
LITTERATURE CLASSIQUE

Michel de Montaigne est un auteur français né en 1532, il écrit les Essais, un ouvrage philosophique et théorique dont les deux premiers volumes sont publiés en 1580. Membre du parlement de Bordeaux et également Maire de cette ville, il compte dans son entourage le poète Etienne de la Boétie, un de ses meilleurs amis, dont il rendra hommage dans son œuvre. En effet, Lechapitre XXVIII du tome I intitulé « De l’amitié » qui est situé entre « C’est folie de rapporter le vrai et le faux à notre suffisance» et « Vingt et neuf sonnets d’Estienne de la Boétie, à Madame de Grammont Comtesse de Guissen» présente cette amitié extraordinaire qui unit les deux hommes. A travers cet extrait, Montaigne nous fait prendre conscience que l’amitié plus que les autres relationsou sentiments est noble, et elle nous permet un épanouissement personnel qui nous rendrait plus libre.
Dans le début du chapitre, l’auteur a établi une comparaison de l’amitié à plusieurs niveaux : sur la plan familial, où l’amitié est en quelque sorte une obligation naturelle car nous ne choisissons pas notre famille. Cela peut d’ailleurs causer des mésententes au sein de la cellule familiale,la relation filiale relève d’avantage du respect et ne constitue pas un type d’amitié idéale.
L’affection avec les femmes constituent un deuxième élément de réflexion. L’auteur y différencie l’amour considéré comme étant inconstant, le mariage, qui un est accord commun où des intérêts sont en jeu et le désir qui peut s’instaurer dans une amitié homme-femme mettant à mal la relation. Ce typed’amitié ne constitue donc pas non plus un idéal.

Alors qu’est-ce que l’amitié selon Montaigne ?
Dans un premier temps nous travaillerons sur une nouvelle définition de l’amitié qui s’appuie sur sa propre histoire, dans un deuxième temps nous verrons les moyens mis en place pour faire adhérer le lecteur à son propos.
Montaigne s’appuie sur une définition de l’opinion commune sur l’amitié danslaquelle il s’inclut avec le pronom personnel « nous » pour expliquer ce qu’elle représente aux yeux du monde. Ainsi, le pronom démonstratif et le présent de vérité générale sont employés « ce que nous appelons » renforcés par l’adverbe « ordinairement » puis la tournure restrictive « ne sont que » donnent un côté très didactique à son propos et ont tendance à généraliser voire à dévaloriserl’amitié.
Or cette façon de faire, permet à Montaigne de pouvoir expliquer sa propre définition de l’Amitié. En effet, l’auteur prend pleinement part à sa réflexion en passant du « nous » au « je » présent dans l’apposition « de quoi je parle ». Il s’engage contre ce que l’on peut considérer d’amitiés secondes selon Aristote, qui sont fondées sur l’utilité et le plaisir. L’amitié première doit êtreréciproque, et sincère, voire extraordinaire.
Effectivement, selon Montaigne, la réciprocité en amitié se fait de manière fusionnelle avec le champ lexical de l’union « nouées, mêlent, confondent, mélange » les âmes sont comme fondues l’une en l’autre et cela se manifeste également par la métaphore de la couture qui disparaît. L’auteur nous présente une définition mythifiée de l’amitié mais égalementmystifiée.
Cet argument est illustré par l’amitié qu’il a eue avec le poète Etienne de la Boétie, auteur du Discours de la Servitude volontaire. Montaigne raconte le coup de foudre qui les a surpris tous les deux alors qu’aucun d’entre eux ne s’y attendaient. La force du hasard « lors d’une grande fête » le destin les a lié « Nous nous cherchions avant que de nous être vus » les sens sont mis enéveil « vus, oyions » mais ce qui caractérise l’être humain a rapidement été dépassé par le divin « âmes, ordonnance du ciel, perfection ». Par ailleurs cette amitié est extraordinaire car elle n’a jamais eu aucun modèle auparavant « elle n’avait à se régler au patron des amitiés molles et régulières » « cette-ci ne peut se rapporter qu’à soi ». L’auteur insiste sur cet aspect mystique...
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