De rerum natura, Livre I, v. 1-43

Pages: 6 (1354 mots) Publié le: 13 juin 2014
 On sait peu de choses sur Lucrèce, si ce n'est que c'est Cicéron qui nous a livré son seul et unique manuscrit : De rerum natura, dans lequel il s'adresse à un certain Memnius, que nous connaissons mal, et où se propose de lui expliquer comment être un homme heureux : celui-ci doit savoir tenir sa place dans l'univers et le De rerum natura présentera cette place. En bon épicurien, Lucrèce necroit pas les dieux responsables de la création du monde mais au contraire que l'univers est matière et que tout se forme, selon la théorie qu'il reprend de Démocrite, autour de l'atome, matière première de notre monde car indivisible.
Toutefois, malgré le fait que les dieux ne sont pas pour lui à l'origine de l'univers, il ouvre son œuvre sur un hommage rendu à Vénus. Dans les vers 1 à 43,Lucrèce n'invoque pas la Muse mais la déesse de la beauté et de l'amour pour le soutenir dans son entreprise. C'est donc un magnifique éloge du printemps qui ouvre le De rerum natura, une véritable ode à la nature. Toutefois, il ne faut pas l'oublier, Lucrèce écrit pour Memnius et il veut lui enseigner la place de l'homme dans le monde. Ainsi, même les premiers vers de son oeuvre n'échappent pas à sonbut didactique.
Ce prologue se caractérise tout d'abord par l'image de Vénus, image centrale, qu'il rend à la fois extraordinaire et universelle. Toutefois, Lucrèce n'oublie pas le but de son oeuvre : il veut expliquer à Memnius la place de l'homme dans l'univers, et son prologue comporte déjà des caractéristiques didactiques.


Lucrèce nous offre tout d'abord un fantastique éloge à Vénus. «Aeneadum genetrix » (v.1), les deux premiers mots du poème, mettent en avant le rôle de Vénus et la descendance des Romains. La méditérrannée entière connaît leur soucis de se démarquer des Grecs tout en continuant à étudier leur langue, leur littérature, leur philosophie, pour ne citer que ces disciplines. Lucrèce écrit un poème en héxamètres dactyliques, il utilise des formes archaïsantes et lespremiers mots de son oeuvre ne sont pas « Muse », mais bien « Vénus ». On reconnaît facilement la trace de l'épopée et l'influence qu'elle a alors sur cette ouverture. Toutefois, Lucrèce ne demande pas à la Muse de chanter la colère mais lui-même chante le renouveau du printemps que provoque la déesse. En effet, elle chasse les mauvaises énergies de l'hiver. Le rythme du vers 6 souligne bien cefait : « [...] te fugiunt venti, te nubila caeli » le vent tombe, les nuages se dissipent. Les éléments se courbent à son passage, elle apparaît plus puissante que Jupiter lui-même, puisque c'est lui qui, selon la tradition, assemble les nuées. Dès lors se déploît une nature tout au service de Vénus, centrée uniquement sur la déesse et mue uniquement par elle. L'univers entier est concerné, comme lemontre le complément de lieu à l'accusatif de « caeli » v.2, ou encore « mare » (v.3) employé en parallélisme avec « terras » au même vers. Cette idée se résume très bien dans « genus omne animantum » (v.4).
Toutefois, si la déesse dont parle Lucrèce fait plier tous les éléments, c'est parce qu'elle ne correspond pas tout à fait à la Vénus traditionnelle, déesse de l'amour et de la beauté. Oncomprend facilement que ce soit l'amour qui fasse revivre la nature au printemps, d'où le choix du poète. Le texte, cependant, donne une toute autre nature à la déesse. Le renouveau du printemps n'est pas provoqué à la vue de la déesse, ni par une quelconque action de sa part. Au contraire, ce sont les oiseaux (« aeriae volucres » v.12) puis les troupeaux (« ferae, pecudes » v.14) qui annoncent sonarrivée, mais elle n'apparaît pas en personne. Elle pénètre partout (« per maria acmontes que fluvios rapacis [...] » v.17) avec sa « flamme » (« incutiens omnibus pr pectora » v.19). La déesse représente alors les forces de la nature, elle est déshumanisée, car Lucrèce n'en donne aucune description et ne parle de ses bienfaits que par les effets qu'elle produit sur la terre. En effet,...
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