Deni de justice

1567 mots 7 pages
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L’émission du mandat d’arrêt visant le président soudanais El Bechir a, comme on pouvait s’y attendre, ravivé la polémique stipendiant une justice pénale internationale instrument des pays riches et s’acharnant sur les pays pauvres, donnant une nouvelle fortune au vieil adage de La Fontaine : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ». Il y a un constat incontournable : la Cour pénale internationale (CPI) n’est saisie aujourd’hui que de dossiers qui concernent l’Afrique (Darfour bien sûr, mais aussi République démocratique du Congo, République Centrafricaine et Ouganda). Et si le bureau du Procureur proteste qu’il enquête aussi sur d’autres régions du monde (notamment Afghanistan et Colombie), il ne travaille pas encore sur les allégations de crimes de guerre commis par les Américains en Irak ou les Russes en Tchétchénie, ni ne risque de pouvoir le faire tant que ces deux « puissants » n’auront pas ratifié le Statut de Rome(1) et auront leur droit de veto au Conseil de Sécurité de l’ONU(2). Mais c’est une erreur d’y voir l’empreinte d’un pêché originel néo-colonial, comme l’ont prétendu de récentes prises de position de l’Union africaine ou de la Ligue arabe, qui doivent manifestement plus aux circonstances qu’à une analyse réfléchie. Comment, en effet, oublier cette évidence qu’en jugeant les responsables de crimes de masse commis en Afrique, la CPI ne sert pas particulièrement les intérêts des pays du Nord, mais bien ceux des Africains, en oeuvrant pour le rétablissement de la justice et de la paix dans des régions dévastées par une violence extrême ? Que les victimes auxquelles il s’agit, au sens strict, de « rendre justice », sont les populations africaines ? Comment, encore, passer sous silence qu’à part le cas du Soudan, ce sont les gouvernements africains eux-mêmes qui ont saisi le bureau du Procureur en lui demandant de venir chez eux enquêter

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