DLAMARDE

410 mots 2 pages
Le s long (ſ) est la forme ancienne de la lettre s minuscule. Depuis l'uniformisation de l'écriture par Charlemagne et l'apparition de la caroline ou minuscule carolingienne, on n'utilisait que le s long, qu'un lecteur non averti confondrait aujourd'hui avec un f. Plus tard est apparu le s final ou s rond, d'abord utilisé exclusivement en fin de mot.
L'usage du s final se généralisa peu à peu, jusqu'à se substituer complètement au s long. Le texte de la Constitution des États-Unis d'Amérique, par exemple, emploie le s long uniquement là où le s est double, comme dans les mots Congreſs, Claſs, Busineſs...
Le s long a subsisté en langue française et en anglais jusqu'à la Révolution industrielle. Il n'est plus en usage de nos jours, mais il subsiste en Allemagne (voir plus bas).
L’illustration ci-contre montre des œils possibles dans une police à empattements (serif en anglais) et une police sans empattements, en romaine et en italique.
Cette lettre n’existe qu’en minuscule, ce qui explique pourquoi la ligature ß, composée d’un s long suivi d’un s rond (ou d’un z) suit le même principe : en capitales, ſ et ß (ſ+s ou ſ+z pour l’allemand) passent à S et SS. Le s long, du fait de son tracé, est sujet à de nombreuses ligatures, dont ſ+s, qui donne ß dans de nombreuses langues. Seul l’allemand a conservé cette ligature, nommée scharfes S ou eszett. Elle pourrait, dans cette langue, provenir d’une ligature ſz qui, écrite en écriture gothique puis en Fraktur et en Sütterlinschrift, ressemble plus à ſʒ.

Fréquence littéraire des mots « laſt » et « last » en anglais entre 1700 et 1900.
Cette convention (ainsi que les nombreuses ligatures avec s long) s’est conservée dans l’imprimerie jusqu’au xixe siècle, pendant lequel l’usage, déjà fluctuant à la fin du xviiie siècle (dans un même ouvrage, les deux s pouvaient être utilisés en concurrence avec l's unique), se perd entièrement.
Actuellement, des lecteurs ou des éditeurs non avertis confondent fréquemment le s long

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