Dped Tartuffe Piecedemontee

13252 mots 54 pages
n° 193

nov. 2014

Les dossiers pédagogiques « Théâtre » et « Arts du cirque » du réseau Canopé en partenariat avec le Théâtre Dijon Bourgogne. Une collection coordonnée par le CRDP de l’académie de Paris.

Tartuffe ou l'imposteur
Texte de Molière
Mise en scène : Benoît Lambert

Avant de voir le spectacle : la représentation en appétit !

« Un jeu d’interrogations » [page 2]
L’horizon d’attente de la mise en scène
[page 9]

Annexes

©

ANTOINE FRANCHET

Création au Théâtre Dijon Bourgogne, du 6 au 22 novembre 2014

Édito
« Faire enrager le monde est ma plus grande joie ». Ainsi s’exprime Orgon à la scène 7 de l’acte III.
Le personnage ignoble de la pièce ne serait donc pas Tartuffe ?
Fidèle à Louis Jouvet, qui a ouvert une brèche dans l’interprétation de la pièce en faisant de Tartuffe un « garçon inquiétant » certes mais « charmant » et pour lequel on ne doit pas concevoir de haine a priori, Benoît Lambert fait de Tartuffe « une crapule charmante »,
« une sorte d’Arsène Lupin, dont l’entreprise malhonnête » prend, pour lui, « des allures de revanche de classe ». Jusqu’où peut-on sauver « ce gueux », victime, à la fin de la pièce, de l’ordre bourgeois rétabli ? s’interroge le metteur en scène. On l’aura compris, Benoît Lambert tourne le dos à la tradition et nous invite de façon stimulante à revisiter notre classique : la question qui travaille la pièce n’est pas d’ordre religieux mais bien d’ordre socio-économique.
La violence des rapports entre les classes sociales, la violence des rapports entre les hommes et les femmes, la violence des rapports familiaux seront autant d’entrées qui permettront au metteur en scène de mettre sous loupe la folie contagieuse d’Orgon, moins produite que
« révélée », au sens photographique du terme, par la présence de Tartuffe.
L’horizon du plateau est toujours un outil précieux pour éclairer sous de nouveaux feux les enjeux et les différents possibles d’un texte théâtral. Personnage insaisissable et génialement
opaque,

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