Du cotede chez swann

1207 mots 5 pages
Introduction
Proust est né en 1871 dans une famille très aisée. Il consacre sa jeunesse aux mondanités des salons parisiens. Sa mère meurt en 1905, ce qui correspond au début de ses ennuis de santé et à la fin d’une période insouciante. Il vit reclus chez lui. Il passe tout son temps à une oeuvre unique et monumentale : A la recherche du temps perdu pour laquelle il reçoit le prix Goncourt pour un fragment « à l’ombre des jeunes filles en fleurs » en 1915. Il est surtout reconnu après sa mort. Dans la première partie de A la recherche du temps perdu (« Du côté de chez Swann »), il raconte le drame de son coucher qui l’obsède. Cet épisode la petite Madeleine lui permet d’évoquer toute son enfance. La question posée dans ce texte n’est résolue qu’à la fin de l’oeuvre. C’est un texte essentiel qui constitue la matrice de A la recherche du temps perdu et plus particulièrement le déclencheur du récit d’enfance. Ce passage a subit de nombreuses modifications, des changements de place. C’est donc un souvenir construit, élaboré pour les besoins d’une démonstration. Problématique : à la fois énigme et clé de l’œuvre, ce passage prétend traiter de la mémoire involontaire, mais n’est-il pas avant tout un exemple de représentation (construction, interprétation) donc de création ?

Lecture
Il y avait déjà bien des années que, de Combray, tout ce qui n’était pas le théâtre et le drame de mon coucher n’existait plus pour moi, quand un jour d’hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j’avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusai d’abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblaient avoir été moulées dans la valve rainurée d’une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un

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