"El crimen fue en grenada", antonio machado

387 mots 2 pages
Antonio Machado (1875-1939) est un des plus grands poètes espagnols. Il a appartenu au mouvement littéraire espagnol nommé "Génération de 98". C’est un poète engagée en faveur des républicains, et lorsqu’il apprend l’assassinat de Frederico Garcia Lorca le 19 aout 1936, le deuxième plus grand poète espagnol et un ami de celui-ci, il est profondément touché et écrit un poème en sa faveur nommé "Le crime a eu lieu a Grenade" qui raconte comment s’est passé la mort de Lorca. Grenade fut l’une des premières villes prises par les nationalistes. Ce poème de Machado fut publié pour la première fois le 17 octobre 1936 dans l'hebdomadaire "Ayuda".

« Le crime a eu lieu à grenade »
A Federico Garcia Lorca

I
Le crime
On le vit, avançant au milieu des fusils,
Par une longue rue,
Sortir dans la campagne froide,
Sous les étoiles, au point du jour.
Ils ont tué Federico
Quand la lumière apparaissait.
Le peloton de ses bourreaux
N'osa le regarder en face.
Ils avaient tous fermé les yeux ;
Ils prient : Dieu même n'y peut rien !
Et mort tomba Federico
- du sang au front, du plomb dans les entrailles –
… Apprenez que le crime a eu lieu à Grenade
- pauvre grenade ! -, sa Grenade…

II
Le poète et la mort
On le vit s'avancer seul avec Elle, sans craindre sa faux.
- Le soleil déjà de tour en tour ; les marteaux sur l'enclume – sur l'enclume des forges.
Federico parlait ; il courtisait la mort. Elle écoutait
« Puisque hier, ma compagne résonnait dans mes vers les coups de tes mains desséchées, qu'à mon chant tu donnas ton froid de glace et à ma tragédie le fil de ta faucille d'argent, je chanterai la chair que tu n'as pas, les yeux qui te manquent, les cheveux que le vent agitait, les lèvres rouges que l'on baisait…
Aujourd'hui comme hier, ô gitane, ma mort, que je suis bien, seul avec toi, dans l'air de Grenade, ma grenade ! »

III
On le vit s'avancer…
Élevez, mes amis,
Dans l'Alhambra, de pierre et de

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