"Enivrez-vous", petits poëmes en proses, baudelaire

3661 mots 15 pages
« Enivrez-vous » : lecture analytique Nous retrouvons dans ce poème : « Enivrez-vous » un certain nombre de thèmes typiquement baudelairiens : le temps qui ronge et qui détruit, et le besoin du poète de fuir la mortelle appréhension de sa morsure. L’ivresse est un moyen de fuir le temps, de retrouver une légèreté déchargé de la pesanteur de l’écoulement des heures. Elle acquiert une noblesse que Baudelaire n’est pas le premier à lui accorder : elle est divine et Platon en fait un des ressorts de la naissance d’Amour dans le mythe des fêtes d’Aphrodite – Vénus qu’il rapporte dans son dialogue du Phèdre. Ailleurs il fait de la poésie un délire comme la mantique qui utilise souvent des hypnotiques comme l’alcool pour être en communication avec le divin. Mais l’impératif « Enivrez-vous » transforme l’ivresse en une nécessité universelle qui s’adresse à tous et pas seulement au poète ou au philosophe frappé du délire mantique de l’inspiration. L’ivresse sera donc le premier objet de notre étude puisqu’elle occupe par son omniprésence une place essentielle dans ce poème. Nous verrons que ce n’est pas l’abrutissement des sens de l’ivrognerie mais au contraire l’éveil d’une sensibilité exacerbée qu’appelle le poète en invitant à l’ivresse. Le poème est construit sur une forme d’emportement, une forme d’enthousiasme marquant comme une possession progressive. Notre deuxième axe d’étude portera donc sur cette montée lyrique au cœur même du poème.

1) L’ivresse comme remède a) L’ivresse est le moyen d’échapper au temps, le poète pose cette indication dès le début : « Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve. ». Mais cette échappatoire n’est pas réelle, le poète dit bien : « pour ne pas sentir ». L’ivresse anesthésie la douleur de la charge du fardeau sans le supprimer. Il ne s’agit donc pas de fuir le temps, nul ne le peut, mais de quitter momentanément

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