« Etre méchant, ce n’est pas seulement faire le mal, c’est aussi le vouloir. et ce n’est pas seulement le vouloir, c’est le vouloir en toute connaissance de cause » andré comte sponville

Pages: 14 (3369 mots) Publié le: 19 avril 2011
« Etre méchant, ce n’est pas seulement faire le mal, c’est aussi le vouloir. Et ce n’est pas seulement le vouloir, c’est le vouloir en toute connaissance de cause »
André Comte Sponville

L’Homme est libre, et c’est précisément cette liberté d’action qui lui permet de faire le mal. Et s’il est libre, il peut choisir de faire le bien ou le mal, quelles qu’en soient ses motivations et sesmanières. Alain a écrit « penser le mal, c’est penser mal », il envisage par conséquent une volonté possible du mal, confirmant ce choix du mal. Thérèse de Jean Giono dans les Ames Fortes, certains grands criminels de guerre et autres acteurs du mal ont choisi, voulu, décidé de faire ce mal.
Faire le mal est, selon le point de vue de Kant dans Essais, une transgression des lois morales. Et si l’onparle de transgression d’interdits, une détermination d’aller contre ces lois est sous-jacente, soit encore une volonté du mal. André Comte Sponville partage cette idée de volonté du mal puisqu’il affirme : « Etre méchant, ce n’est pas seulement faire le mal, c’est aussi le vouloir. Et ce n’est pas seulement le vouloir, c’est le vouloir en toute connaissance de cause ». La réflexion de cephilosophe rationaliste montre que l’on peut nuire à autrui tout en sachant pertinemment le mal que l’on fait. Il révèle la finalité du mal en soi, vouloir le mal pour le mal. De plus, il montre aussi que vouloir le mal conduit à le faire.
Mais néanmoins, considérant cette finalité du mal pour le mal, on estime alors que l’Homme est profondément méchant dans sa nature. Il est indéniable que l’Homme faitle mal, pourtant ; dans quelles limites peut-on considérer qu’une intention mauvaise est à la racine du mal ?
Il faudra tout d’abord considérer que l’action mauvaise s’ancre dans la volonté de chacun. Ensuite, nous étudierons dans quelles mesures on peut penser que l’Homme est capable de souhaiter le mal ; et enfin, nous examinerons l’impact de Dieu et de la conscience de chacun tendant àtirailler l’Homme entre sa volonté du bien et sa volonté du mal.

Etre méchant, au-delà d’être une possible caractéristique radicale à chaque homme, s’inscrit dans la volonté de l’Homme. En effet, on peut choisir le mal, tout comme on peut choisir le bien. On développe donc bien une volonté du mal, et cette volonté est directement liée à l’effectivité du mal.
Tout d’abord, le mal est supposé parPlaton uniquement involontaire, puisque qu’il affirme que « nul n’est méchant volontairement ». Cependant, l’expérience démontre souvent le contraire et l’ignorance ne parait pas suffisante pour justifier tout le mal présent sur Terre. Candide de Voltaire en est le témoin, tout ce mal justifié de manière politique, idéologique ou encore économique ne peut pas être dû uniquement à une inconsciencedu mal. Rousseau confirme ce point de vue au travers de la Profession de Foi du Vicaire Savoyard qui affirme : « tout ce que je sens être bien est bien, tout ce que je sens être mal est mal » (p. 83)
Ainsi, le mal qu’on fait est voulu, et la volonté est à la racine de toute action. On peut considérer différentes motivations au mal, et, par exemple, la vengeance peut être une justificationsuffisante à la réalisation du mal. Thérèse, dans les Ames Fortes de Jean Giono, va jusqu’à faire tuer son mari, par vengeance, puisqu’il a alors anéanti les Numance.
De plus, le méchant est auteur de sa propre méchanceté, et le Vicaire Savoyard le confirme : « Le mal moral est incontestablement notre ouvrage, et le mal physique ne serait rien sans nos vices ». Par ailleurs, le mal est dirigé contre unpersonne, l’acte de méchanceté n’est pas un hasard. On souhaite la souffrance d’un être, la disparition d’un peuple, la domination de sa propre personne. La prédiction des sorcières va pousser Macbeth à tuer Banquo, l’ambition de Richard III le conduit à tuer sa propre famille, la folie de grands dirigeants pour la domination de leur peuple les amènent à conduire des guerres et à détruire des...
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