Etude comparative entre perceval de chrétien de troyes et un roi sans divertissement de giono sur le motif du sang sur la neige

Pages: 27 (6547 mots) Publié le: 14 septembre 2010
Le sang sur la neige

Si nous devions dresser une liste exhaustive des travaux rédigés sur le motif du sang sur la neige, l'écrasant éventail d'ouvrage rendrait la chose plus qu'intimidante. N'ayant pas la prétention d'innover en la matière, nous allons nous pencher sur le cas des gouttes de sang non pas en nous focalisant sur ce motif comme un microscope sur un échantillon sanguin dans le butde remarquer le moindre détail, mais plutôt dans un mouvement inverse, c'est à dire en prenant le motif pour source et s'étendre de ce signe aux éléments qui lui sont inhérents dans le texte.
Il est tout d'abord important de rappeler que ce motif n'est pas une création de Chrétien de Troyes. S'il l'a développer au point de lui donner la qualité esthétique, poétique et courtois que nous luiconnaissons, Chrétien de Troyes n'est en rien son créateur puisque nous le retrouvons dans des oeuvres antérieurs au conte du graal comme la saga Islandaise l'Exil des fils d'Usnech dans laquelle une jeune fille , Deirdre, voyant un corbeau boire le sang d'un veau sur la neige jure qu'elle n'épousera que l'homme qui regroupera ces trois couleurs "le seul homme que j'aimerai sera beau des troiscouleurs que je vois là-bas: les cheveux noirs comme le corbeau, les joues rouges comme le sang et le corps blanc comme la neige". Nous le retrouverons ensuite dans des oeuvres médiévales comme Le Haut livre du Graal, Parzival de Wolfram Von Esenbach, que dans des romans et même des contes, avec dans ce cas Blanche neige des frères Grimm et pour finir, en 1947, Giono, plongé dans une période sombrede sa vie, rédige un roi sans divertissement, oeuvre se déroulant dans un monde enneigé où les divertissements sont le seul moyen pour les habitants d'échapper à l'ennui. Pourtant, l'un d'eux, un monsieur tout le monde nommé M.V trouve comme dernier divertissement l'assouvissement de sa soif sanguinaire et monstrueuse dans le meurtre. A priori, peu de choses réunissent le conte du graal et un roisans divertissements hormis le motif du sang sur la neige, prit dans son aspect le plus esthétique. Ceux sur quoi nous allons nous intéresser sera moins le motif lui-même que le mouvement vers lequel il tend le contemplateur. Si l'amour ne fait plus partie de l'équation, le regard introspectif quant à lui est toujours présent et lorsqu'il ne renvoie plus au divin, c'est dans la noirceur de l'âmehumaine qu'il plonge le contemplateur, chez le Diable.

1/ Le regard comme vecteur contemplatif
Bien que Chrétien de Troyes n'emploie à aucun moment le terme de "contemplation" , celui demeure néanmoins le terme le plus exact pour désigner l'attitude de Perceval. Si l'on se penche sur l'étymologie latine on reconnaît un dérivé de "contemplatio"1qui signifie "action de regarder ou considérerattentivement par les yeux et la pensée", idée que le christianisme développa au sens de "regarder dieu et les choses divines". La contemplation conduit donc l'homme à voir le divin, c'est à dire les cieux, la lumière, le spirituel opposé au matériel, la terre, la chair. L'idée était déjà developpée par Platon et Aristote qui voyaient dans la contemplation, le moment où l'esprit peut se libérerdu corps pour accéder à la lumière, aux chose du divin. Elle est donc avant tout un regard vers quelque chose. Elle conduit le contemplateur à non seulement aller vers la lumière mais même à le devenir, à ne faire plus qu'un avec la lumière ou Dieu. Cette idée de hiérogamie est bel et bien traduite dans la version de Charles Méla2 qui traduit "En l'esgarder que li faisoit" par "Il n'était plusque regard". Cette union que réalise Perceval devant les gouttes de sang le détache complétement du monde matériel, puisque comme nous l'avons vu précédemment, sa contemplation le "libère" des entraves matérielles du monde. Dés lors, Chrétien occulte complètement la personne de Perceval, ne le réduisant plus qu'à un regard contemplateur et immatériel vers 4136 "Et panse tant que toz s'oblie",...
Lire le document complet

Veuillez vous inscrire pour avoir accès au document.

Vous pouvez également trouver ces documents utiles

  • un roi sans divertissement jean giono
  • Synthèse un roi sans divertissement giono
  • Un roi sans divertissement (le hêtre)
  • Un roi sans divertissement Jean Giono
  • Perceval ou le conte du graal, chrétien de troyes.
  • Un roi sans divertissement
  • Un roi sans divertissement. jean giono
  • Un roi sans divertissement, Jean Giono

Devenez membre d'Etudier

Inscrivez-vous
c'est gratuit !