Explication de texte - spinoza - traité théologico-politique, chapitre 7

Pages: 7 (1587 mots) Publié le: 16 décembre 2012
 Dans ce texte l'auteur étudie le problème suivant : l'individu doit-il être laissé libre d'interpréter la religion? Ou bien revient-il à l’État d'en définir le contenu par la loi?
Une religion est un ensemble de croyances et de rites qui unit un groupe d'homme dans une foi commune. Le noyau de la foi religieuse est qu'il existe un être suprême auteur de ce qui est. En ce qui concerne lesmonothéismes, la foi religieuse se fonde sur un texte -la Bible, le Coran- considéré comme sacré puisqu'il est censé exprimer la parole même de Dieu.
Dès lors, ne serait-il pas sacrilège de laisser les hommes libres de décider du sens et de l'importance des choses religieuses? Cela ne mérite-t-il pas d'être fermement condamné par la loi et par l’État? Si tel n'est pas le cas, de quelles raisonspeut-on s'autoriser pour accorder et justifier une liberté totale, "même en matière de religion"?
 
 
 
 La position de l'auteur est annoncée sans aucune ambiguïté dès le début du texte : si on ne saurait imaginer d'accorder aux individus le droit d'interpréter librement les lois, "il en va tout autrement dans la religion". On voit donc que pour Spinoza un droit à l'interprétation existe enmatière de religion : il est donc pour ce penseur tout à fait légitime d'accorder un sens et une importance variable aux textes, aux dogmes et aux pratiques de la religion.
On comprend aisément pourquoi nul ne peut "interpréter à sa guise les lois de l’État". Les lois sont des règles juridiques dont l'ensemble dessine un certain ordre social. L’État, par le pouvoir de contrainte dont il dispose (lepouvoir de coercition), est le garant du maintient de cet ordre. Dès lors, si chacun donnait le sens qu'il souhaite aux dispositions légales, qu'il jugeait comme il l'entend de leur caractère obligatoire, toute loi disparaîtrait. On sait les conséquences de cet état d'anomie : la société "tomberait aussitôt en dissolution", "le droit public devenant droit privé". Dans une telle situation eneffet, l'individu devient la seule source du droit et de la loi, la seule source de l'autorité : il n'y a donc plus de "droit public", c'est-à-dire d'autorité commune pour réglementer les relations entre les individus dans l'espace public; il n'existe plus qu'un "droit privé", c'est-à-dire l'arbitraire de la compréhension et de la volonté des différents individus. On comprend que la société, sedésagrège, s'anéantisse.
Mais pourquoi le cas de la religion est-il tout autre? N'est-elle pas elle aussi un des ferment de l'ordre social? L’État n'a-t-il pas pour devoir de veiller au respect de la religion et à l'orthodoxie des opinions religieuses?
 
 
 En aucun cas pour l'auteur! Rien n'est plus contraire à la religion que l'idée de la régenter par des lois. Car aussi bien par essence("consiste") qu'au vue de sa finalité ("posséder la béatitude") la religion ne peut pas être placée sous l'autorité d'une loi qui imposerait aux individus une conception de la croyance et du rite : qui leur imposerait ce qu'ils doivent croire et aussi de croire. Car la religion, rappelle l'auteur, "consiste non dans des actions extérieures", à savoir dans des attitudes ou des comportements sur lesquellesla surveillance de l’État pourraient s'exercer; mais dans des dispositions interne de l'âme : sa "simplicité" et sa "candeur", c'est-à-dire la pureté et la sincérité de sa foi, sur lesquelles la loi n'a aucune pouvoir. C'est pourquoi la religion ne peut être "soumise à aucun canon" c'est-à-dire à aucun modèle doctrinal ou norme absolue : la piété du fidèle ne dépend pas de l'obéissance à unedoctrine faisant autorité pour tous; ni à "aucune autorité publique" à savoir la loi, l’État ou un de ses représentants. Quelle loi en effet pourrait imposer au fidèle d'être sincère? Ou d'accomplir avec sérieux et engagement un rite, en particulier s'il est imposé? L'autorité publique n'a pas le pouvoir de sonder les cœurs et les reins, ni de les commander. Elle ne peut s'exercer que sur "les...
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