Extrait "voyage au bout de la nuit", de louis-ferdinand céline, 1932

Pages: 9 (2206 mots) Publié le: 24 octobre 2012
question : montrez comment la cruauté de la guerre est mise en lumière, puis les sentiments complexes de Bardamu.
Proposition de corrigé :
Le plan : deux axes proposés
I La cruauté de la guerre
II Les sentiments et la réflexion du narrateur

Introduction
La guerre de 1914-1918, qui bouleversa complètement les frontières européennes, fit disparaître quatre empires, causa plusieurs millionsde morts, et laissa infirmes, blessés dans leur corps et leur âme, des millions d’hommes jeunes. Elle inspira au genre romanesque des évocations saisissantes et variées, de Louis-Ferdinand Céline dans une partie de Voyage au bout de la nuit, roman publié en 1932, qui obtint la même année le prix Renaudot. Céline a pris part à la Grande Guerre et fait l’expérience de l’enfer. Il la transmet dansce roman singulier qui porte aussi un regard implacable sur la société française et sur la colonisation. L’extrait proposé, en partie narratif mais présentant aussi des réflexions et des sentiments, se situe au début du roman ; le héros et narrateur Bardamu relate les épreuves que le commandant Pinçon fait subir à son régiment de cavalerie et exprime différents sentiments sur ce chef détesté, maisaussi sur ce que celui-ci révèle de l’humanité.
Le commentaire analysera donc d’abord comment la cruauté de la guerre est mise en lumière, puis les sentiments complexes de Bardamu.

I La cruauté de la guerre
La souffrance des simples soldats et celle des chevaux, qui ressort de manière pathétique dès la première lecture, va de pair avec la cruauté, non pas de l’ennemi officiel, l’arméeallemande, mais des officiers français, ici le commandant Pinçon et le capitaine de gendarmerie.
1 La cruauté des chefs
Loin d’être un meneur d’hommes, un exemple de courage face aux Allemands, le commandant Pinçon paraît surtout désireux de châtier ses soldats à la moindre occasion, peut-être obsédé par la peur d’une mutinerie ou de désertions. Il est du reste secondé par un officier de gendarmerie,chargé de surveiller de près et éventuellement de faire arrêter les soldats. La première phrase présente un système hypothétique exprimant une action qui ne s’est pas réalisée : « Si on avait dit […], on lui aurait fait un plaisir énorme. » Ce système montre l’envie réprimée des soldats d’insulter cet officier (« un sale assassin lâche ») et le sadisme supposé du commandant, tout disposé à fairefusiller un de ses hommes. La même phrase accorde autant de cruauté au capitaine de gendarmerie, lui aussi à l’affût de l’indiscipline et de la rébellion, « qui, lui, ne pensait précisément qu’à cela ». Pour Bardamu, il y a une conjuration de la hiérarchie militaire contre la troupe, en tout cas une complicité des officiers soulignée par la proposition relative « qui ne le quittait jamais d’unesemelle ». Une situation absurde se dessine dans le premier paragraphe : les officiers, au lieu de se concentrer sur le combat contre les Allemands, témoignent d’une hostilité acharnée envers leurs hommes. C’est en tout cas ce que ressent le soldat Bardamu, réprimant sa haine et contraint à des épreuves pénibles. Dans l’état d’esprit qu’il prête à ses supérieurs, c’est le sens de toute la guerre quiest remis en cause. L’ennemi n’est plus l’Allemand, mais l’officier.

2 La condition des soldats
C’est le commandant Pinçon le seul responsable de toutes les souffrances de ses soldats. On relèvera la conjonction « donc » au début du deuxième paragraphe. Elle établit un lien de cause à effet entre le sadisme des deux officiers et le fait que les soldats doivent « courir les embuscades pendantdes nuits ». Les soldats sont soumis à des ordres absurdes et à des manoeuvres qui leur semblent inutiles et qui sont à la fois épuisantes et dangereuses. Ils sont privés de tout repos nocturne, comme le montre la répétition du mot « nuit », l’adjectif « imbéciles » dénonçant l’absurdité des embuscades. Ils sont aussi exposés à des risques permanents. Le narrateur souligne leur espoir « de moins...
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