Ferragus

Pages: 15 (3597 mots) Publié le: 8 octobre 2012
Le goût du destin
Victor Leroy avait dix-huit ans lorsque ses parents sont morts de façon mystérieuse. Il avait vécu paisiblement jusqu’à ses huit ans. Il habitait une région de campagne au Centre de la France, sa mère ne travaillait pas et son père était mineur mais la forte exploitation de la mine au début des années 1860 suffisait amplement à nourrir cette famille. Ils demeuraient dans unepetite maison en pierres, elle était très charmante cette maisonnette avec ses yeux de bœuf sous le toit et son petit jardin entretenu à l’arrière. La demeure se trouvait entre le village d’Artins et celui de Souge, à six ou sept kilomètres de Troo. La famille n’était pas particulièrement aisée mais la vie était assez agréable pour elle. Les années passèrent paisiblement. Victor se souvient encoredes délicieux plats que lui préparait sa mère ; les côtes de porc caramélisées, les légumes du jardin à la vapeur, lorsqu’il mangeait cela, tous ses sens étaient en éveil. Victor avait la chance de pouvoir aller à l’école et lorsqu’il revenait, la seule chose à laquelle il pensait était à ce qu’il allait manger le soir. En effet sa mère, Joséphine, une belle femme, avait un réel don pour lacuisine. Son père, Charles, revenait toujours du travail, une heure après Victor, c’était un homme court mais très bien bâti et endurci par des années de travail. Victor aimait passer du temps avec son père mais rien ne lui plaisait plus qu’aider sa mère à cuisiner. Dans ces moments-là il aurait voulu que le temps s’arrête. Lors de l’année 1866 les évènements se précipitèrent, Victor avait huit ans.Charles, un soir, rentra à la maison, comme tous les soirs mais quelque chose de différent apparaissait dans son attitude. Il ordonna à Victor d’aller dans sa chambre et il s’assit à table face à Joséphine. Durant de longues minutes Charles parla à Joséphine, tandis qu’elle, ne disait rien. Victor, lui, essayait d’écouter la conversation mais aucuns des mots graves du père n’arrivaient jusqu’à sesoreilles. Le garçon ne sut donc jamais ce qu’il s’était dit à cette table, la seule chose qu’il sut, c’est qu’il allait changer d’école et qu’il serait en pension. Ce fut un véritable choc pour Victor, il ne rentrerait pas le week-end et pendant les vacances scolaires il irait chez ses cousins, une grande famille paysanne assez aisée mais que Victor n’aimait pas du tout. Dès le début de la semainequi suivi, Victor fut emmené à Orléans dans sa nouvelle école et ce fut à ce moment-là qu’une vie horrible commença pour le jeune garçon. Là-bas les professeurs étaient sadiques et sévères, les bâtiments usés et très inconfortables et le pire pour Victor était la nourriture de la pension, une véritable torture culinaire. Les années passèrent lentement, le garçon n’avait plus aucun contact avec sesparents, à part une carte de temps à autre qu’ils lui envoyaient, celle-ci en général ne racontait rien d’intéressant; Joséphine, car c’est elle qui écrivait, ne lui décrivait que des banalités et elle essayait de rassurer son fils sur leurs nouvelles conditions de vie. En effet le père avait était licencié de la mine depuis ce fameux soir, la dynamite avait été inventée et les hommes bientôtfurent tous remplacés. Les parents de Victor avaient dû vendre la maison et vivaient désormais dans des taudis parisiens ou le père espérait refaire sa vie, jamais ils ne réussirent à se décoller de la misère qui était désormais plus que présente dans leur vie. Mais tout cela Victor n’en savait rien, sa mère essayait de lui faire croire que la vie était belle, mais plus Victor grandissait et moins cesexplications lui parurent crédibles et plus il développait du mépris envers ses parents qui l’avaient maintenant complétement abandonné. Les années passèrent de plus en plus lentement et lorsque Victor eu l’âge de dix-huit ans, il quitta la pension où rien ne le retenait. Durant

toutes ces années Victor n’avait rien appris, rien développé à part de la haine et du mépris. Les parents du...
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