Français

Pages: 7 (1581 mots) Publié le: 13 mars 2013
FRANÇAIS

AUBE

J'ai embrassé l'aube d'été.
Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les camps d'ombres ne quittaient pas la route du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes ; et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.
La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit sonnom.
Je ris au wasserfall blond qui s'échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.
Alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l'ai dénoncée au coq. À la grand'ville, elle fuyait parmi les clochers et les dômes ; et, courant, comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais.
En haut de la route, près d'un boisde lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu son immense corps. L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois.
Au réveil, il était midi

Rimbaud

Fêtes de la faim

Ma faim, Anne, Anne, 
Fuis sur ton âne.
Si j'ai du goût, ce n'est guères
Que pour la terre et les pierres.
Dinn ! dinn ! dinn ! dinn ! Mangeons l'air,
Le roc, les charbons, le fer.
Tournez, lesfaims, paissez, faims,
Le pré des sons ! 
Puis l'aimable et vibrant venin 
Des liserons ;
Mangez
Les cailloux qu'un pauvre brise, 
Les vieilles pierres d'églises,
Les galets, fils des déluges, 
Pains couchés aux vallées grises !
Mes faims, c'est les bouts d'air noir;
L'azur sonneur ;
- C'est l'estomac qui me tire, 
C'est le malheur.
Sur terre ont paru les feuilles !
Je vais auxchairs de fruit blettes.
Au sein du sillon je cueille 
La doucette et la violette.
Ma faim, Anne, Anne!
Fuis sur ton âne
Rimbaud

Bannières de Mai
Aux branches claires des tilleuls 
Meurt un maladif hallali.
Mais des chansons spirituelles
Voltigent parmi les groseilles.
Que notre sang rie en nos veines, 
Voici s'enchevêtrer les vignes. 
Le ciel est joli comme un ange.
L'azur et l'ondecommunient. 
Je sors.  Si un rayon me blesse 
Je succomberai sur la mousse.
Qu'on patiente et qu'on s'ennuie
C'est trop simple.  Fi de mes peines.
Je veux que l'été dramatique
Me lie à son char de fortune. 
Que par toi beaucoup, ô Nature, 
- Ah ! moins seul et moins nul !-   je meure.
Au lieu que les Bergers, c'est drôle, 
Meurent à peu près par le monde.
Je veux bien que les saisonsm'usent. 
À toi, Nature,  je me rends;
Et ma faim et toute ma soif.
Et, s'il te plaît, nourris, abreuve.
Rien de rien ne m'illusionne;
C'est rire aux parents, qu'au soleil,
Mais moi je ne veux rire à rien;
Et libre soit cette infortune.

Rimbaud

CHANSON DE LA PLUS HAUTE TOUR
Oisive jeunesse 
A tout asservie ,
Par délicatesse 
J'ai perdu ma vie. 
Ah ! Que le temps vienne 
Où les cœurss'éprennent.
Je me suis dit : laisse, 
Et qu'on ne te voie:
Et sans la promesse 
De plus hautes joies.
Que rien ne t'arrête,
Auguste retraite.
J'ai tant fait patience 
Qu'à jamais j'oublie;
Craintes et souffrances 
Aux cieux sont parties.
Et la soif malsaine 
Obscurcit mes veines.
Ainsi la Prairie 
A l'oubli livrée, 
Grandie, et fleurie 
D'encens et d'ivraies 
Au bourdonfarouche 
De cent sales mouches.
Ah! Mille veuvages 
De la si pauvre âme
Qui n'a que l'image 
De la Notre-Dame !
Est-ce que l'on prie 
La Vierge Marie ?
Oisive jeunesse 
A tout asservie, 
Par délicatesse
J'ai perdu ma vie. 
Ah ! que le temps vienne 
Où les cœurs s'éprennent !
Rimbaud

L'ÉTERNITÉ
Elle est retrouvée.
Quoi ? - L'Éternité.
C'est la mer allée 
Avec le soleil.
Âmesentinelle, 
Murmurons l'aveu 
De la nuit si nulle
Et du jour en feu.
Des humains suffrages, 
Des communs élans, 
Là tu te dégages 
Et voles selon.
Puisque de vous seules,
Braises de satin,
Le Devoir s'exale
Sans qu'on dise : enfin.
Là pas d'espérance, 
Nul orietur.
Science avec patience,
Le supplice est sûr.

Elle est retrouvée. 
Quoi ? - L'Éternité.
C'est la mer allée 
Avec le...
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