Génocide

Pages: 5 (1232 mots) Publié le: 6 janvier 2011
Voici le récit sidérant d'un cambodgien rescapé de l'enfer khmer rouge. Entre avril 1975 et janvier 1979, cette petite faction de révoltés dirigés par des "intellectuels" ayant souvent étudié en France, met en œuvre un génocide contre la population du Cambodge. L'auteur raconte d'une manière à la fois détaillée et contenue le meurtre organisé de 1, 7 à 2 millions de cambodgiens, sur unepopulation d'environ 7, 5 millions d'habitants.

Le pays devient un vaste camp de concentration

Après avoir publié en 1979 "L'utopie meurtrière"(éd. Robert Laffont), Pin Yathay présente dans ce deuxième livre son témoignage, avec la collaboration de John Man. "A la fin de la guerre civile, en avril 1975, le Cambodge de mon enfance, au lieu de retrouver la paix attendue, devint un enfer. La roue de larévolution khmère rouge, voyant des ennemis partout, chercha à écraser le pays, ses habitants, sa culture - individus, familles, société, savoir, croyances, et tous les sentiments, même l'amour. A bien des égards, elle y parvint. Le Cambodge constitua un terrain d'expérimentation de l'idéologie totalitaire à l'échelle d'une nation. Haine et peur régnaient. Villes, biens matériels, argent, marchés,éducation et art étaient condamnés. Des millions de gens subirent la déportation, les travaux forcés, la faim et la mort. Le pays devint un vaste camp de concentration. En vingt sept mois, j'ai perdu ceux que j'aimais - dix-sept membres de ma famille et d'innombrables amis - et tout ce qui m'était cher. Il ne me reste que des souvenirs. Mon désir est que, par ce livre, ces souvenirs demeurentvivaces. Je veux que le monde entier sache comment mes enfants, ma femme, mes parents, mes frères, mes neveux et mes cousins furent tués. Mais je souhaite aussi que mes souffrances et celles de ma famille rappellent ce qui est arrivé à des millions de personnes. Je veux que chacun constate comment des idéaux séduisants de justice et d'égalité engendrent, lorsqu'ils sont pervertis par des fanatiques,l'oppression la plus cruelle et la misère générale". (p.9)

Les Khmers vident Phnom Penh

Le récit se situe au niveau d'une famille, dont les membres meurent, un à un, durant la mise au pas de la population.

Quelques jours après le départ des Américains, le propos débute le 17 avril 1975, par la prise de la capitale. Vêtus de noir, portant des casquettes noires et arborant un foulard adamier, les jeunes Khmers rouges restent de marbre devant l'accueil de la foule. Bientôt les vainqueurs donnent l'ordre d'évacuer la capitale… soit disant pour trois jours. Cependant, passé ce délai, l'exode se poursuit. L'auteur raconte :"Nous prenions conscience de ce que signifiait réellement l'évacuation d'une ville. Les gens étaient repliés sur eux-mêmes, exténués, accablés, ne pensant plus qu'àavancer. Plus nous nous éloignions de la capitale, plus l'épuisement s'emparait des malades, des blessés, des estropiés et des vieillards. Ils restaient assis, fixant ceux qui passaient d'un regard vide, semblant résignés à leur sort. Nous apercevions de plus en plus de corps abandonnés sur le bas-côté de la route et ce spectacle finit par ne plus nous émouvoir. Bien à l'abri dans nos voitures,nous parlions à peine aux autres familles. Cependant, je fus choqué quand, à deux reprises, nous vîmes des femmes pendues à un arbre. Des suicides."(pp. 49-50)

Pourquoi cet exode ?

Un Khmer rouge dit : "Nous savons qu'il est dangereux de les (villes) laisser intactes, habitées. Elles sont des centres d'opposition qui abritent des groupuscules. Il est difficile d'y localiser les noyaux de lacontre-révolution. Si nous ne modifions pas la vie urbaine, une organisation ennemie peut s'y établir et conspirer contre nous. Il est tout à fait impossible de contrôler une ville. Nous les avons évacuées pour détruire toute résistance, pour détruire les berceaux du capitalisme réactionnaire et mercantile." (p. 91)

L'Angkar, nom de l'organisation des Khmers rouges, décide donc que l'argent...
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