Gargantua-chap14-23

1795 mots 8 pages
ntuaL’éducation de Gargantua
Extrait des chapitres 14 et 23

L’éducation est un thème central de l’humanisme. Erasme y a consacré son De ratione studii en 1512 et Guillaume Budé le De studio litterarum recte et commode instituendo en 1527 et 1533.
Le thème de l’éducation dans Gargantua est en outre le signe de la confiance de Rabelais dans l’être humain et dans les progrès de la connaissance.
Rabelais confronte deux types d’enseignement, dont il fait reculer le premier dans le temps, à dessein. L’enseignement du sophiste est ainsi placé à une époque d’avant l’imprimerie, et avant 1420 (date de la mort du sophiste). Grâce à la chronique gigantale et au traitement du temps que cela permet, Rabelais confronte ainsi un enseignement qu’il présente très clairement comme moyenâgeux, scolastique, reculé dans le temps et désuet et un enseignement nouveau, celui des humanistes de la Renaissance. Les deux enseignements sont distants d’un siècle dans l’œuvre.

I – Les railleries à l’égard de la scolastique

Le premier temps est donc satirique et porte sur la scolastique médiévale. Il donne en réalité la perception globale que les humanistes de la Renaissance en avaient: il ne s’agit pas de la réalité exacte de la scolastique mais de sa caricature.

1.1 ) La prophétie comique de Grandgousier

Grandgousier apparaît ici comme un personnage comique car il est enfermé dans un optimisme béat concernant son fils. Par le seul fait que celui-ci a inventé un torche-cul, il lui prédit la plus haute sagesse. Les hyperboles déconsidèrent le discours du père: «participe de quelque puissance divine», «aigue, subtile, profonde et sereine», «souverain degré de sagesse».
Sa position sur l’éducation est de plus fausse et incomplète: il n’assigne pas à l’éducation le but du développement de soi et de sa personnalité, mais l’instruction au sens d’une accumulation savante: «je veux le confier à quelque sage, pour qu’il soit instruit selon ses capacités». C’est là déjà l’annonce d’un

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