Histoire'geo

6306 mots 26 pages
Faut-il changer la loi de 1905 ?
Devant les problèmes nouveaux que pose aujourd’hui l’application de la loi de 1905, en particulier concernant le culte musulman, plusieurs voix se sont prononcées pour sa révision. L’auteur qui n’y est pas favorable est convaincu que les difficultés d’ordre juridique peuvent être résolues dans le cadre de cette loi. Pour le reste, il défend l’enseignement des religions, l’éducation du citoyen, et affirme que toute construction identitaire passe d’abord par la prise en compte des héritages et des valeurs qui ont fait la France, donc par la laïcité.

À quelques années du centenaire de la loi, plusieurs voix s’élevèrent pour souhaiter un toilettage, voire une révision de la loi de 1905. Ce furent, d’une part, certains courants de l’islam et, d’autre part, la Fédération protestante de France. La mise en cause la plus radicale vint de Jean Arnold de Clermont, président de la Fédération protestante de France. Un très intéressant entretien de celui-ci avec Xavier Ternisien avait pour titre : “La loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État ne correspond plus à l’éclatement du paysage religieux”(1). Nous reviendrons sur les arguments avancés par le pasteur de Clermont dans la discussion des problèmes posés par la loi de 1905. Car fin 2002, la Fédération protestante de France publiait une brochure intitulée, Cultes, équité et laïcité : l’expérience protestante. Éléments d’évaluation de la loi de 1905 et propositions. Disons d’emblée que si les problèmes posés par ce document sont(2) réels, nous estimons qu’on pouvait les résoudre autrement qu’en militant pour une révision de la loi de 1905. D’autre part, en novembre 2003, lors de l’assemblée des évêques français à Lourdes, l’idée de demander, à l’occasion du centenaire, une révision de la loi de 1905 était écartée. Jean Marie Lustiger, cardinal et archevêque de Paris, déclarait : “Nous ne souhaitons pas une révision ni un toilettage de la loi de 1905.” Claude Dagens, évêque

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