Hysterie masculine

15270 mots 62 pages
L’hystérie, masculine

« J’ai confiance en moi. L’homme est un mystère. Il faut le percer et, si cela demande toute la vie, qu’on ne dise pas qu’on a perdu son temps. Pour moi, je travaille ce mystère, car je veux être un homme. » Dostoïevski, lettre à son frère, août 1839

Précaution : mon propos serre un impossible, qu’il est impossible d’analyser le père. « On n’analyse pas le père », disait Lacan, sauf que le traitement de cet impossible est toujours la cause de nos disputes et de nos divisions car il autorise plus d’une sortie de la cure. Fort cependant d’une remarque d’Eric Porge concernant ce que nous faisons avec les textes freudiens (Essaim 19) et de ce que Lacan dit de lui-même, le Freud que j’entends vous présenter est un Freud analysant, de même, par conséquent, mon propos, qui pense avec et contre lui.

Exit l’hystérie. La grande névrose n’existe pas. C’est un effet de ce qu’on appelle le « progrès », je veux dire, la censure et, donc, d’un échec, le nôtre, à relever ce qui nous fait horreur et nous fait reculer devant notre acte : savoir y faire avec ce qui tombe mal, le « méchant ».[1] L’exhibition des sentiments qui s’étale partout jusqu’à dégouliner de la radio, de la télévision ou d’Internet n’est ni le fait de la radio, ni le fait de la télévision, ni le fait d’Internet, mais un fait de discours. Eva Illouz pense plutôt que « la sentimentalisation de la sphère publique »[2] est la résultante de l’action conjointe de trois discours, le discours du management, le discours psy et le discours féministe.[3] La combinaison du savoir psy, du féminisme et de la démocratisation des relations de travail a placé le Moi au centre d’une procédure de « reconnaissance » publique régie par les valeurs d’égalité et de justice. Des différents modes d’assujettissement du sujet, l’hystérie est le plus labile et le plus subversif. Le plus labile, parce qu’il colle au discours et qu’à ainsi coller au discours il prend l’«

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