Inquietude_Malebranche_Locke_Leibniz

Pages: 4 (2468 mots) Publié le: 8 octobre 2015

L’inquiétude

Malebranche

Les aspirations de l’âme humaine se limitent-elles à ces besoins déterminés, même informés, compliqués, sublimés par la vie en société ? Malebranche, reprenant la parolede saint Augustin : Inquietum est cor nostrum, Domine, donec requiescat in te [Notre cœur est sans repos, Seigneur, jusqu’à ce qu’il repose en toi (Confessions, I, 1)], nous montre qu’elles vont bienau delà, par suite de « la capacité infinie du cœur de l’homme ».
Ainsi notre volonté, toujours altérée d’une soif ardente, toujours agitée de désirs, d’empressements et d’inquiétudes pour un bienqu’elle ne possède pas, ne peut souffrir sans beaucoup de peine que l’esprit s’arrête pour quelque temps à des vérités abstraites qui ne la touchent point et qu’elle juge incapables de la rendre heureuse.Ainsi elle [l’agite et] le pousse sans cesse à rechercher d’autres objets : et lorsque dans cette agitation que la volonté lui communique, il rencontre quelque objet qui porte la marque du bien, jeveux dire qui fait sentir à l’âme par ses approches quelque douceur et quelque satisfaction intérieure, alors cette soif du cœur s’excite de nouveau ; ces désirs, ces empressements, ces ardeurs serallument ; et l’esprit, obligé de leur obéir, s’attache uniquement à l’objet qui les cause ou qui semble les causer, pour l’approcher ainsi de l’âme qui le goûte et qui s’en repaît pour quelque temps.Mais le vide des créatures ne pouvant remplir la capacité infinie du cœur de l’homme, ces petits plaisirs au lieu d’éteindre sa soif ne font que l’irriter, et donner à l’âme une sotte et vaine espérancede se satisfaire dans la multiplicité des plaisirs de la terre : ce qui produit encore une inconstance et une légèreté inconcevable dans l’esprit qui doit lui découvrir tous ces biens.
Il est vrai quelorsque l’esprit rencontre par hasard quelque objet qui tient de l’infini, ou qui renferme en soi quelque chose de grand, son inconstance et son agitation cessent pour quelque temps ; car...
Lire le document complet

Veuillez vous inscrire pour avoir accès au document.

Devenez membre d'Etudier

Inscrivez-vous
c'est gratuit !