invention

Pages: 5 (1197 mots) Publié le: 4 janvier 2015
Objet d'étude : La poésie.
Textes :
Texte A - Du Bellay (1522-1560), « Heureux qui comme Ulysse… ».Les Regrets, poème 31, (1558)
Texte B - Saint John Perse (1887-1975), « Les Cloches »,Images à Crusoé(1904)
Texte C - Apollinaire (1880-1918), extrait de « L’émigrant de Landor Road », (1905),Alcools, (1913)
Texte D - Léopold Sedar Senghor (1906-2001), « Jardin de France »,Poèmes inédits,(1960).

Texte A - Du Bellay (1522-1560), « Heureux qui comme Ulysse… ».Les Regrets, poème 31, (1558).
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestui-là1qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison
Vivre entre ses parents le reste de son âge.

Quand reverrai-je, hélas ! de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je leclos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux
Que des palais romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine,

Plus mon Loire2gaulois que le Tibre Latin,
Plus mon petit Liré3que le mont Palatin
Et plus que l’air marin la douceur angevine.

1.« cestui-là »: pour celui-là. Le vers faitallusion au mythe de la Toison d’or.
2. Le nom du fleuve était masculin au XVI° siècle.
3. Village natal de Du Bellay.

Texte B - Saint John Perse (1887-1975), « Les Cloches »,Images à Crusoé(1904).

Vieil homme aux mains nues,
remis entre les hommes, Crusoé !
tu pleurais, j’imagine, quand des tours de l’Abbaye, comme un flux, s’épanchait le sanglot descloches sur la Ville…
Ô Dépouillé !
Tu pleurais de songer aux brisants1sous la lune ; aux sifflements de rives plus lointaines ; aux musiques étranges qui naissent et s’assourdissent sous l’aile close de la nuit,
pareilles aux cercles enchaînés que sont les ondes d’une conque, à l’amplification de clameurs sous la mer…

1. Brisants : rochers sur lesquels la mer se brise etdéferle.



Texte C - Apollinaire (1880-1918), extrait de « L’émigrant de Landor Road », (1905),Alcools, (1913).
[…]
Puis dans un port d’automne aux feuilles indécises
Quand les mains de la foule y feuillolaient1aussi
Sur le pont du vaisseau il posa sa valise
Et s’assit

Les vents de l’Océan en soufflant leurs menaces
Laissaient dans ses cheveux de longs baisersmouillés
Des émigrants tendaient vers le port leurs mains lasses
Et d’autres en pleurant s’étaient agenouillés

Il regarda longtemps les rives qui moururent
Seuls des bateaux d’enfant tremblaient à l’horizon
Un tout petit bouquet flottant à l’aventure
Couvrit l’Océan d’une immense floraison

1. S’agitaient comme des feuilles.

Texte D - Léopold Sedar Senghor (1906-2001), « Jardin deFrance »,Poèmes inédits, (1960).
[Africain d’origine, Senghor est venu à Paris poursuivre ses études.]

Calme jardin,
Grave jardin,
Jardin aux yeux baissés au soir
Pour la nuit,
Peines et rumeurs,
Toutes les angoisses bruissantes de la Ville
Arrivent jusqu’à moi, glissant sur les toits lisses,
Arrivent à la fenêtre
Penchée, tamisées par feuilles menues et tendres et pensives

Mainsblanches,
Gestes délicats,
Gestes apaisants.
Mais l’appel du tam-tam
bondissant
par monts
et
continents,
Qui l’apaisera, mon cœur,
A l’appel du tam-tambondissant,
véhément,
lancinant ?
Invention :
Deux lecteurs débattent de leurs goûts en matière de poésie. Chacun défend un poème de ce corpus, l’un penchant pour les formes anciennes, l’autre pour des formes nouvelles. Vous rédigerez leur dialogue en veillant à y intégrer des exemples précis....
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