Je vis, je meurs, louis labé

Pages: 8 (1900 mots) Publié le: 23 février 2011
Louise Labé
« Je vis, je meurs »
Sonnets

Présentation du texte
Louise Labé écrit en 1555 un poème qui s’inscrit résolument dans une des traditions de la poésie amoureuse : sentiments et sensations relèvent du lieu commun de l’antithèse ; chaud et froid, vie et mort alternent et se superposent. Le sujet les subit tour à tour et conjointement sans pouvoir interrompre le cours de cesrenversements. Que Louise Labé, qui a appris l’italien, recoure, de plus, au sonnet et au décasyllabe, c’est avouer clairement une filiation pétrarquiste, alors bien implantée dans les milieux lyonnais.
Cependant ce serait réduire la portée de son œuvre que de ne pas reconnaître dans le sonnet « Je vis, je meure » une pièce originale : d’une part, parce que c’est une femme qui parle de sa passion ;d’autre part, à cause de l’ampleur de la gamme émotive que l’écrivain fait vibrer à travers une grande sobriété de rimes et de rythmes. Le pouvoir bouleversant de l’Amour est évoqué à travers de nombreuses images métaphoriques, que le poète essaye d’ordonner, seule revanche de sa volonté.

• Structure du texte
Les quatrains et les tercets, s’ils sont distincts, ne s’opposent pas.
‒ Les deux quatrains,ramassés sur un jeu de deux rimes embrassées (-oie et –dure), exposent, par juxtaposition et coordination, les effets de la passion. Juxtaposition et coordination sont soulignées à l’attaque des vers dans le second quatrain : « Tout à un coup » (v.5) et « Tout en un coup » (v.8).
‒ Les deux tercets condensent l’expérience amoureuse (« Ainsi Amour inconstamment me mène », v.9) sur deux rimeségalement (-ène/eine/aine et –eure). Ils s’attachent surtout aux erreurs du sujet, « Et quand je pense… » (v.10), « Puis quand je crois… » (v.12), dont l’Amour nécessairement triomphe.

Introduction
Le sonnet de Louise Labé, composé en 1555, s’inscrit dans une tradition poétique qui célèbre l’amour tout en décrivant les tourments qu’il fait endurer à celui ou celle qu’il possède. Mais le mot« tourments » est ici bien insuffisant pour évoquer la variété des émotions ressenties par le poète. L’amour l’investit et lui fait perdre tous repères. Il triomphe de sa raison et son pouvoir paraît sans limites. La seule défense que le poète puisse opposer au désordre de l’amour semble bien l’écriture elle-même qui, en quatorze décasyllabes, ordonne la confusion de l’esprit et des sens.

I. Ledésordre de l’amour
L’amour de la Belle Cordière – c’est ainsi qu’on surnommait Louise Labé – est d’abord une expérience de l’émotion. Non pas une émotion unique que l’on pourrait résumer en un mot. Amour se décline au pluriel. Pluriel de la sensation et du sentiment dont il parcourt toute la gamme. Et s’il engage l’être tout entier, c’est d’abord à travers le corps soumis aux éléments : l’amour-feu,l’amour-flot embrase et engloutit, fait connaître simultanément le chaud et le froid : « je me brûle » (v.1), « J’ai chaud » (v.2)/ « et me noie » (v.1), « en endurant froidure » (v.2).
A ces premières atteintes s’ajoutent, selon un procédé d’accumulation, de nouvelles sensations tactiles ou visuelles : « La vie m’est et trop molle et trop dure » (v.3) ; « je sèche et je verdoie » (v.8).
Il estclair que cette dernière image permet de glisser de la sensation au sentiment, du physique au moral étroitement « entremêlés » par la structure des deux quatrains et par la succession des propositions indépendantes qui les composent : « je verdoie » (v.8) évoque métaphoriquement la joie de l’amour dans laquelle l’être s’épanouit comme une plante, alors que « je sèche » (v.8) suggère les peinesendurées par celle qui aime.
On retrouve d’ailleurs, tout au long du poème, cette dualité du sentiment amoureux et l’on peut ordonner en deux séries antithétiques le lexique des émotions exprimées par Louise Labé : « ennuis » (v.4), « je larmoie » (v.5), « tourment » (v.6), « douleur » (v.10), « malheur » (v.14)/ « joie » (v.4), « je ris » (v.5), « plaisir » (v.6), « hors de la peine »...
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