Jugement

412 mots 2 pages
Quand je me juge, les critères du jugement sont décrétés par le juge même, le juge est aussi accusé… Suis-je le mieux placé pour savoir ce que je vaux ? Peut-on se juger soi-même comme un autre, comme n’importe qui ?
Je ne suis pas n’importe qui, je suis moi. Je suis seul à connaître ma singularité, par exemple mes sens et mes mobiles les plus intimes. Je suis seul juge ! Parce que je suis juge et partie, je me déclare compétent, en plein accord avec moi-même !
Qu’est-ce que ce « moi » qui se traîne au banc des accusés ? Un ego qui doute de lui-même, qui se remet en question, qui demande l’avis d’un juge, celui-là même dont il doute. Une humiliation de l’ego, et me voilà qui me dévalue. Une récompense, et me voilà qui me surestime ! Par quel moyen saurai-je parvenir à un jugement qui ne soit plus capricieux, pour me considérer tel que je suis ?
Objectivement : Voilà le nœud du problème, qui fit l’enjeu du débat : quand je me considère, je suis à la fois sujet et objet. Il faudrait que le « moi » qui juge ne soit pas le « moi » jugé. Et ça tombe bien, ces « moi » sont distincts. Le « moi » est tout sauf simple, il est composé de nombreuses parties dissemblables voire opposées, les différents caractères du « moi » : je suis le travailleur, le flemmard, le conservateur et le révolutionnaire... Je peux bien être juge et partie, parce que j’ai plusieurs parties : quand je juge une action accomplie hier, le « moi » d’aujourd’hui considère le « moi » d’hier. Cela est possible tant que « je » est un autre.
On se juge pour parfaire sa conduite. À mesure que je me fréquente et me juge, je me corrige. Reconnaître ses erreurs. Le but poursuivi est donc de parvenir à la plus parfaite critique de soi.
À qui accorderais-je ce droit impudent d'être juge, sinon à moi-même ? Un juge extérieur ne me connaît pas, peut me prendre pour autre que je ne suis. Quand, innocemment, j’adopte une posture qui, vue de l’extérieur, peut paraître honteuse, il ne le sait pas, me prend

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