Justice et vengeance

Pages: 9 (2233 mots) Publié le: 3 janvier 2012
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PEUT-ON SE FAIRE JUSTICE SOI MEME ?

Le sentiment de vengeance est présent chez de nombreux êtres humains. Cette vengeance nous amène à nous demander : Peut-on se faire justice soi-même ? La vengeance permet-elle de se sentir mieux ? Se faire justice est une action réfléchie, après un certain délai, on choisit de se venger. Celui qui veutse venger veut rétablir la Justice, l’égalité par lui-même.

Ainsi, sommes-nous capables de nous venger par nous même ? En avons-nous le droit vis-à-vis de la Justice ? La vengeance n’amène pas toujours à une meilleure situation. Assouvir sa douleur ne permet pas forcément d’être soulagé. Au contraire elle peut faire naître des remords. Pourquoi doit-on laisser la justice faire son travail eten quoi se faire justice par soi-même peut sembler la meilleure solution ?

1. La justice est-elle plus forte que la vengeance ?

Le désir de punir
C’est a posteriori qu’on justifie le châtiment. Car avant la raison, le désir.
Résultant d’une émotion violente, en général la colère, le châtiment passe pour être administré froidement. Mais au cœur de toute punition, le plaisir de tenirquelqu’un en son pouvoir, de montrer qui est le plus fort. À tort ou à raison, le punisseur, fût-il un tueur en série, a la ferme assurance d’être du bon côté, du côté de la loi, de l’ordre, du bon droit. On ne veut jamais le coupable, mais un coupable. Il n’est pas nécessaire qu’il soit l’auteur d’un forfait, une chèvre fera aussi bien l’affaire. C’est magique. Les partisans du châtiment font touscomme si, par une sorte d’heureuse fatalité, les coupables étaient punis et les justes récompensés.
Or, les erreurs judiciaires sont constantes, particulièrement en « comparution immédiate » où l’on juge en toute hâte. Mais il faut que les dégâts soient spectaculaires (têtes tombées à tort, une vie pour rien derrière les barreaux, etc.) pour qu’elles émeuvent qui que ce soit. Les criminologueset les policiers le savent pertinemment mais cela excite le monde qu’on ait arrêté le coupable (lui ou un autre), on va pouvoir le punir, ce qui signifie se venger (« vengeance : dédommagement moral de l’offensé par la punition de l’offenseur ». Définition du dictionnaire Robert).
Il faut noter cependant que le désir de vengeance n’est pas naturel, il est le fruit d’une culture fondée par exemplesur un certain code de l’honneur. Il y entre une forme de devoir, de soumission à la loi de son milieu. Toute vendetta est socialisée, codifiée, ritualisée. Depuis l’antiquité, la Justice d’État est censée remplacer les vengeances privées. Échec sur toute la ligne. Le châtiment pénal engendre un besoin de se venger qui se retourne contre des tiers. L’homme humilié bat sa femme qui frappe lesgosses qui maltraitent le chien qui mord le premier venu. La peine infligée par un tribunal va jusqu’au bout d’une violence institutionnelle qui appelle forcément une réponse. Il nous faut renoncer à cette chimère d’une vengeance qui, assumée par l’État à la place des particuliers, en serait plus pure, plus désintéressée. Elle n’est guère plus reluisante ni plus intelligente que l’autre. Quand laJustice punit un voleur, elle entretient chez tous les voleurs le besoin de se venger. Quand elle s’attaque à un « sauvageon », elle ensauvage la cité.
L’idée d’une Justice qui rend le mal pour le mal ne peut mener qu’au mépris de toute justice. Gardons cependant dans un coin de notre tête que certaines personnes ont toujours considéré l’esprit de vengeance comme leur étant étranger, elles préfèrentignorer l’offenseur (voire l’oublier), lui pardonner ou exiger des explications.
Et si par ailleurs la tentation de se venger reste commune, tout le monde n’y succombe pas forcément. Personne n’est à l’abri de la haine ni de la bêtise, mais on peut bien quand même souhaiter n’être ni haineux ni bête, ou le moins possible. Rien ne nous oblige à adhérer à cette curiosité visqueuse des gens de...
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