Justinedoc

303 mots 2 pages
Version 5 : The Fountain.

Semaine après semaine, le gel persistait. Les angles du château étaient émoussés, et chaque ondulation de la lande était aplanie par la neige ; le petit village était recouvert d’une épaisse couche d’où provenait des guirlandes de fumée qui semblaient jaillir de feux souterrains. Les murs verticaux semblaient être des cassures parmi cette blancheur générale, et les carreaux des fenêtres, incrustés dans leurs cadres de bois, luisaient comme de l’ébène. L’œil, ravit par l’engourdissement mystérieux de la campagne, qui semblait mentir par son charme, et par une pâleur reflétée à travers les portes qui donnait en plein midi l’apparence fantomatique du petit matin, commençait enfin à accepter, même si cela durait depuis longtemps, la tristesse d’un soleil voilé qui ne brillait plus. A la tombée de la nuit, quand les patineurs furent partis, un groupe d’oiseaux affamés descendit au bord du lac, espérant que les villageois y aient laissé de la nourriture ; et aussitôt, si les étoiles étaient visibles, les premières constellations apparaissaient, non pas comme des bijoux lumineux accrochés à la surface bombée du ciel, mais comme une féroce source de lumière profondément ancrée dans ce dernier, leur lueur perçant son obscurité comme des aiguilles de cristal.
Durant ces jours-là, les changements de temps étaient si rares qu’ils devinrent mémorables. Lewis s’est longtemps souvenu du soir où, lorsqu’il rentrait à la maison avec Julie, le vent tourna vers le sud et les nuages s’épaissirent dans le ciel (promettant un dégel, disait-elle).
« Ce sont peut-être les dernières neiges, répondit-il, le printemps arrivera sûrement plus tôt que prévu. »
Elle fit une pause pour regarder le coucher de soleil qui semblait couler comme un bateau en flammes. Les flots gelés, dans la vallée lointaine, qui, toute l’après-midi furent gris et inanimés, étaient maintenant un feu

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