La beautée

Pages: 7 (1555 mots) Publié le: 1 mai 2010
Commentaire composé : Baudelaire : Les Fleurs du Mal : La beauté
Extrait étudié :

XVII - La Beauté
Je suis belle, ô mortels! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Eternel et muet ainsi que la matière.
Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris;
J'unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes;Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.
Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d'austères études;
Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles:
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles!Baudelaire, Les fleurs du mal
Commentaire :
Baudelaire, Les Fleurs du Mal, XVII « La Beauté »
Recueil poétique de Charles Baudelaire (1821-1867), Les Fleurs du Mal fut publié à Paris en 1857. Le recueil fut l’objet d’un procès en août 1857 pour «offense à la morale religieuse» ainsi qu’à «la morale publique et aux bonnes mœurs». Baudelaire fut condamné à 300 francs d’amende et à lasuppression de six poèmes — qui seront publiés dans le Parnasse satyrique du dix-neuvième siècle, à Bruxelles, en 1864, avant d’être repris avec d’autres pièces de circonstance dans les Épaves. Cette œuvre majeure fut lentement mûrie par le poète qui, dès 1840, parle de ses «Fleurs singulières». Baudelaire avait fait plusieurs fois annoncer dans des revues la parution de son recueil sous les titressuivants: les Lesbiennes puis les Limbes. La première section, intitulée «Spleen et Idéal», est de loin la plus fournie (quatre-vingt-cinq poèmes): les textes, de manière interne ou dans les rapports instaurés avec les poèmes voisins, reflètent la dualité posée dans le titre. « La Beauté » fait partie de cette première section, et à travers la forme du sonnet, évoque la Beauté, comme motif d’inspirationpour le poète. Il s’agira de voir en quoi dans ce poème le poète fait de la beauté un idéal de quête poétique.
Nous verrons dans une première partie la figure de l’allégorie qui structure le sonnet ; puis, dans une seconde partie, la Beauté comme voie d’accès à l’Idéal ; enfin, dans une troisième partie, l’image développée du travail poétique.
I L’allégorie
A/ Système énonciatif
Voirtous les pronoms personnels : sujets (« Je » répété 8 fois), les pronoms possessifs, les pronoms réfléchis. La Beauté parle dans le poème, chose assez originale dans la poétique du XIX°s et qui renvoie plutôt à la poésie médiévale et aux allégories. La Beauté est allégorisée ici car elle acquiert un statut d’humain.
B/ Les attributs de la beauté
Voir le 2nd quatrain :
reprise des mythesanciens : le Sphinx ; des catachrèses : le cygne comme parangon de la pureté
une résolution des antagonismes : elle ne pleure ni ne rit. Elle est au-delà des oppositions structurant la pensée humaine.
Résiste au temps : elle est éternelle et muette comme la matière. Ces attributs la parent de toutes les grâces
C/ Un absolu
l’éternité de la Beauté : conception néo-platonicienne. Elle résiste autemps, et devient idéelle, pour reprendre le parcours philosophique de Platon. Peu importe l’époque, l’idée de la beauté subsiste, et les poètes tentent de l’approcher, peu importe la conception qu’ils s’en font (cf. derniers vers). Elle semble d’ailleurs être immortelle (cf. vers 1)
Elle inspire l’amour aux poètes : la relation entre le poète et l’objet de sa quête est donc de nature amoureuse.C’est un moyen de comprendre que la figure de la femme en poésie n’est jamais qu’un avatar de cette idée de Beauté. Les poètes deviennent « dociles amants »
La Beauté se présente donc comme un absolu. En cela, elle figure dans l’antagonisme qui compose le titre du recueil du côté de l’Idéal.
II La Beauté comme voie d’accès à l’Idéal
A/ La Beauté comme magnification du travail poétique...
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