la fable

Pages: 166 (41488 mots) Publié le: 17 novembre 2014
Le Rouge et le Noir
devant la critique
(1830-18941)

Par Xavier Bourdenet
et José-Luis Diaz

1830 : « Littérature », Le Globe, n° 247,

27 octobre 1830.
Le libraire Levavasseur doit publier ce
livre sous peu de jours ; nous en parcourons
les feuilles avec tout l’attrait qu’inspire un
ouvrage nouveau de M. de Stendal [sic] et
notre curiosité est vivement amusée à chaque
page, commedans tout ce que l’auteur a écrit
de plus spirituel et de plus raffiné sur le cœur.
C’est une aventure contemporaine. Nous
sommes à Verrières, jolie ville de FrancheComté, chez M. de Rênal, maire de l’endroit,
haut, empesé, espèce de gentillâtre enrichi ;
rougissant depuis 1815 d’avoir été industriel
auparavant, fort occupé d’étouffer le
libéralisme parmi ses administrés ; il a
d’ailleursdeux jolis enfants et une jolie
femme. Il lui prend un jour envie, pour faire
effet sur l’opinion, et parce que son grandpère lui a dit avoir eu un précepteur dans sa
jeunesse, d’en donner un à ses fils, et il pense
au plus jeune fils du paysan Sorel, qui a appris
le latin auprès du curé et se destine à être
prêtre. Il l’habillera en noir, lui donnera
300 fr. par an, et les enfants de M. deRênal
iront à la promenade sous la conduite de
précepteur, ce qui vexera beaucoup M. de
Vollenod [sic], le directeur du dépôt de la
mendicité, avec lequel M. le maire rivalise de
considération. Madame de Rênal, bonne et
jolie femme de trente ans environ, élevée au
Sacré-Cœur à Besançon, mais redevenue sensée
1. Comme cela a été le cas les années précédentes, ce
florilège devait êtrepublié dans la rubrique « Au
programme » du Magasin du XIXe siècle, dont le n° 3 va paraître
en novembre 2013. Le manque de place dans cette livraison

dans la solitude ; ingénue, rêveuse, distinguée
par l’âme sans le savoir, ne jugeant pas son
mari et adorant ses enfants, madame de Rênal
est d’abord choquée de l’idée qu’un petit
prêtre sale et sournois va venir régenter ses
enfants ets’entreposer entre eux et leur
mère ; elle lutte un peu contre la vanité de son
mari, puis finit par se faire une raison.
Heureusement le petit Julien, fils du vieux
montagnard Sorel, et sur lequel le choix de
M. de Rênal est tombé, n’est pas tout-à-fait ce
que s’était représenté l’imagination de la jeune
mère. Âgé de dix-huit à dix-neuf ans, faible en
apparence, avec des traits irréguliers maisdélicats, un nez aquilin, un œil vif et par
moment farouche, pâle et pensif, le petit
Julien, toujours grondé, souvent battu par son
père et par ses frères, n’a trouvé jusque-là
d’asile et d’amitié que chez deux personnes,
d’abord un ancien chirurgien-major retiré qui
lui a conté ses campagnes d’Italie, lui a appris
des bribes d’histoire, de latin et de chirurgie,
l’a bercé du grand nom deNapoléon, et lui a
légué en mourant le Mémorial de Sainte-Hélène,
avec sa croix de la Légion d’honneur ; puis le
curé du lieu, le bon vieillard Chélan, qui a
succédé au chirurgien, s’est inquiété de
l’avenir du jeune homme, et a tâché de le
rendre capable d’entrer au séminaire. Au fait,
Julien croit plus au vieux chirurgien-major
qu’au bon curé ; bien qu’il sache par cœur la
Bible enlatin, c’est le Mémorial qu’il relit sans
cesse et qu’il dévore ; il y cherche, ambitieux
et fier qu’il est, des présages pour son propre
avenir. Son premier sentiment, quand son
père lui parle d’une place de précepteur chez
madame de Rênal, c’est la peur d’y être sur le
pied de domestique ; et rassuré sur ce point,
il hésite encore avant d’oser franchir, son
petit paquet sous le bras, lagrille du château.
Avec la vivacité et la grâce qui lui étaient
naturelles quand elle était loin des regards des
hommes, madame de Rênal [...].
Tel est l’effet de la grâce parfaite quand elle
est naturelle [...] il lui sembla qu’elle n’avait pas
été assez rapidement indignée.

nous a fait l’adjoindre aux autres documents concernant le
programme d’agrégation mis sur le site de la SERD....
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