La litterature africaine

1645 mots 7 pages
George Orwell Littérature et totalitarisme

Causerie diffusée par le service d'outre-mer de la B.B.C. ; parue dans le Listener du 19 juin 1941

J'ai dit, au début de ma première causerie que notre époque n'était pas propice à la critique littéraire. Notre époque est celle de la partialité et non du détachement, c'est une époque où il est particulièrement difficile de reconnaître des mérites littéraires à un livre dont on ne partage pas les conclusions. La politique — au sens le plus général du terme — a envahi la littérature à un degré rarement atteint, et cette circonstance nous a fait prendre conscience de l'éternel conflit entre l'individu et la communauté. C'est en considérant la difficulté qu'il y a à faire un travail critique honnête et impartial en un temps comme le nôtre qu'on commence à comprendre ce qui menace l'ensemble de la littérature dans la période qui vient. Nous vivons une époque où l'individu autonome est en train de disparaître — mieux vaudrait peut-être dire : où l'individu cesse d'avoir l'illusion d'être autonome. Mais dans tous nos discours sur la littérature et (en particulier) sur la critique littéraire, nous tenons, sans même y penser, l'existence d'une individualité autonome pour acquise. Toute la littérature européenne moderne (je parle de la littérature des quatre derniers siècles) repose sur la notion d'honnêteté intellectuelle, ou si vous préférez sur la maxime shakespearienne « Sois [1] fidèle à toi-même ». La première chose que nous demandons à celui qui écrit, c'est de ne pas nous raconter de mensonges, de nous dire ce qu'il pense vraiment, ce' qu'il ressent vraiment. Le plus grand reproche qu'on puisse faire à une œuvre d'art, c'est d'être insincère. Et cela vaut plus encore pour la critique que pour la littérature créative, où l'on admet une certaine part de pose et d'affectation, voire de pure et simple mystification, dès lors que l'auteur est fondamentalement sincère. La littérature moderne est avant tout une affaire

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