La noblesse

2041 mots 9 pages
Cet article s’interroge sur la place réservée à la critique d’art dans un espace médiatique qui est soumis aux logiques économiques de l’industrie culturelle. Qu’est-il advenu de cette critique d’art depuis le développement de la grande presse capitaliste et depuis que les biens culturels sont produits de manière industrielle ? Quelle est sa place dans ces nouveaux espaces publics, largement dominés par les objectifs de rentabilité et les logiques économiques ? S’est-elle, autrement, banalisée, à côté de la publicité ? Après avoir présenté ce qui constitue la théorie de Bourdieu qui oppose deux pôles idéal typiques, il sera étudié la thèse de la disparition du pôle critique et, enfin, pourquoi, Comment la critique existe toujours ?

I/ CRITIQUE VERSUS PUBLICITE : LA THESE DE L’OPPOSITION

Depuis sa naissance, la critique d’art est associée, d’un côté, aux expositions de l’Académie, de l’autre à la presse, son support d’élection. La forme critique, entendue comme une prise de position subjective et esthétique sur des spectacles vivants, des écrits ou des œuvres, s’exposant elle-même au public, est donc née avant les industries culturelles. Elle a constitué selon Habermas le cœur et le modèle d’un « espace public » de discussion, en incitant des opinions privées à prendre position sur des productions culturelles. La critique d’art est relativement ancienne, puisqu’elle s’est imposée au XVIIe siècle dans la presse. On peut l’opposer de manière assez intuitive à la promotion commerciale, plus récente, puisque liée au développement de la grande presse capitaliste qui a recouru aux annonces. Les configurations sociales, que l’une et l’autre supposent, sont très différentes : alors que le critique ne travaille (théoriquement) pas pour ceux auxquels il consacre des articles, l’annonceur est objectivement, c’est-à-dire contractuellement, tenu par celui qu’il est chargé de promouvoir. Pierre Bourdieu s’est intéressé à la question du pouvoir de consécration ou, dans ses

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