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mêlent l’un à l’autre. Celui de 1965 et celui de 1942. » D’autre part, l’acte de naissance de Dora et celle de ses parents. Son père Ernst Bruder né à Vienne (Autriche), sa mère Cécile Burej née à Budapest (Hongrie) leur vie est relatée par le narrateur. Il parle également de sa vie à Vienne : « En 1965, j’ai eu vingt ans, à Vienne, la même année où je fréquentais le quartier Clignancourt. » Il y a de même, si je me souviens bien, la lettre de Robert Tartakovsky qui avait tenu une chronique d’art dans le journal l’Illustration avant la guerre. L’auteur, lui-même est juif et, par le biais de l’histoire de Dora, il rappelle l’histoire de tous les Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, personnalise les millions de Juifs assassinés par les Européens. De plus, le narrateur nomme cinq jeunes filles transférées en même temps que Dora. Le roman ouvre sur d’autres créations de l’auteur, par exemple Voyage de Noces : « Alors le manque que j’éprouvais m’a poussé à l’écriture d’un roman, Voyages de noces, un moyen comme un autre pour continuer à concentrer mon attention sur Dora Bruder… »

Dora Bruder offre aussi une réflexion sur la vocation de la littérature. Le narrateur décrit ses lectures, son écriture et le métier d’écrivain. Par sa relecture de Victor Hugo, il se rend compte de la place occupée par la littérature et sa capacité à capter un reflet de la réalité : « Je me rends compte qu’il m’a fallu écrire deux cents pages pour capter, inconsciemment, un vague reflet de la réalité. » De ce fait, la littérature sert non seulement à rendre hommage, mais simultanément de mémoire collective.

Pour le Juif français, l’Occupation est une période charnière, un tournant décisif annonciateur de changements. Durant la guerre, il devient évident que les Juifs de France ne sont pas tout bonnement des Français. En effet, les Juifs de France, bien qu’ayant servi la Nation Française n’étaient pas considérés comme des Français à part entière ou même pas du tout. Ernst

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