Lamartine meditations poétiques

Pages: 8 (1954 mots) Publié le: 12 janvier 2012
Cette adéquation entre unité syntaxique et unité métrique semble renforcer l'idée selon laquelle "la phrase est le plus petit énoncé offrant un sens complet" (Deloffre, 1979: 15), la relative qui sert systématiquement de clôture et de clausule aux périodes des deux premiers quatrains (cf. "Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds." et "Où l'étoile du soir se lève dans l'azur.") accentuantle sentiment de complétude. 
Or dans la perspective de Kintsch associée à l'analyse casuelle issue de Tesnière, il apparaît que les deux verbes conjugués scindent la période en deux propositions ainsi formalisées :
- ASSEOIR (je /ergatif/; montagne + chêne /locatif spatial/; coucher du soleil /locatif temporel/);
- CONTEMPLER (je /ergatif/; plaine /accusatif/ (tableau changeant /attributif/))Cette approche représentationnaliste gagne certes à être complétée par la remarque pragmatique selon laquelle l'emploi de la première personne instaure un pacte autobiographique sur le ton de la confidence, en concordance avec l'emploi du présent d'habitude et narratif - on note qu'à sa place l'emploi de l'imparfait eût introduit le monde du souvenir, ici absent. Si bien que l'article défini de LAmontagne, de LA plaine, DU vieux chêne, auquel répondra in fine LA feuille des bois, LA feuille flétrie à laquelle s'identifie le locuteur sur un registre pathétique, apparaît comme un déictique renvoyant à des éléments du monde sensible (végétal) que le lecteur est censé connaître, ce qui instaure une complicité avec le poète dans son expérience du réel. Les accents lyriques se teintent d'uneintention intimiste et mélancolique avec l'adverbe "tristement" qui intériorise la scène visuelle.
la dominance quantitiative du domaine //nature//, structuré en antonymes : 'plaine' vs 'montagne' + 'chêne' (dans une noble unité puisqu'il s'agit de "ces monts couronnés de bois sombres"), 'soleil' vs 'ombre', 'mes pieds' (allusion au vagabondage du "voyageur") vs 'mes regards';
- le domaine //art//('tableau', 'se déroule' - le théâtre le disputant à la peinture, laquelle est associée au genre du poème selon le précepte d'Horace Ut pictura poésis), qui est tactiquement comparé au dernier lexème du précédent domaine, 'plaine', au vers 3, dans une valorisation qui constitue la chute du quatrain et de la période.

En outre, relever le présent d'habitude et narratif ne suffit pas : c'estl'isotopie aspectuelle /itératif/ amorcée avec l'adverbe 'souvent', prolongée par /imperfectif/ de 'au hasard', 'plaine' et "le tableau changeant se déroule", qui unifient les termes de cette comparaison entre la nature et l'art.
Tel est le fond sémantique constitué des deux domaines, ainsi aspectualisés et frappés su sceau du romantisme, sur lequel s'enlève une forme qu'il convient de cerner. Elle semanifeste d'abord par le jeu des antithèses. On a vu la paire /dynamisme final/ (changeant, se déroule à mes pieds) vs /statisme initial/ (tristement je m'assieds; Je promène au hasard mes regards) respectivement corrélée à /dysphorie/ vs /euphorie/, comme si l'ennui de l'individu au contact de la trop simple nature devait être dissipé par son spectacle artistique, selon le topos romantique de lavraie vie, celle de la réalité perçue à travers le prisme artistique.

Le point de vue dominateur en plongée est attesté dans maints tableaux d'inspiration romantique (on pense notamment à C. D. Friedrich), ce qui rend très perceptible cet autre antagonisme sémique et isotopique : /vers le haut/ (sur la montagne, soleil, chêne) vs /vers le bas/ (mes regards sur la plaine, à l'ombre, coucher, àmes pieds, je m'assieds : un même mouvement descendant favorise la connexion métaphorique entre le moi et le soleil. Au dernier quatrain on remarque une chute dysphorique du moi poétique suscite le désir euphorique d'envol ("Quand la feuille des bois tombe dans la prairie, \ Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons; [...] \ Emportez-moi comme elle, orageux aquilons!"), pareil à celui du...
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