"Las, où est maintenant ce mépris de fortune" les regrets de du bellay

Pages: 7 (1589 mots) Publié le: 11 janvier 2011
Sujet d’invention : Ecrire sa propre critique du poème

Le Prosodiaque
Direction de la publication

A l'attention du rédacteur en chef.

Le 4 janvier 2005

Madame, Monsieur,

Je tiens, à travers cette lettre, àvous faire part d'une singulière "aventure poétique" qui m'arriva lors de l'épreuve de baccalauréat de Français …
Comme les trente autres suppliciés réunis dans cette salle austère, je m’apprêtais à opérer une lecture analytique et studieuse des différents textes proposés, mais la chance (la fortune ?) voulut que le premier du corpus fût le sonnet VI du recueil Les regrets de Joachim Du Bellaypublié en 1558.
L'effet sur moi fut saisissant et je ne résiste pas à l’envie de vous faire partager le plaisir que j’ai eu à lire ce poème.
Tous les fondements de la poésie sont dans ce texte : La forme, précise et rigoureuse, de laquelle le thème, puissamment lyrique et cher à la Pléiade prend son envol, et la beauté paradoxale née de ce mariage de la rigueur et de la liberté.

Laconstruction sans défaut de ce sonnet est un modèle du genre, dans le plus pur style Pétrarquiste: On y retrouve, bien sûr, l'organisation strophique fondée sur la succession de « deux quatrains de mesure pareille » et de deux tercets mêlés de la petite musique « mécanique » amplifiée par le rythme particulier de l’alexandrin.
L'alternance des rimes masculines et féminines est aussi présente jusque dansle dernier tercet où Du Bellay pousse le jeu jusqu'à obtenir trois rimes en "i" chargées de mélancolie, sans pourtant violer les règles du quatrain.
Chaque strophe traite d'un sujet différent : la jeunesse invincible, immortelle dans le premier quatrain, la jeunesse synonyme d'ivresse, de plaisir et d'insouciance dans le second puis la désillusion et les regrets dans le premier tercet etenfin l'inéluctable désenchantement dans la dernière strophe.
Ce sonnet respecte toutes les modalités de construction qui constituent un art de la composition, indissociable du genre : Notamment, le dernier vers du sonnet apparaît comme une brève conclusion, brillamment formulée : Du Bellay nous donne une image expressive « les Muses de moi, comme étranges, s’enfuient », résumant le tableau décritpar le poème, où Du Bellay met en évidence l’opposition entre le passé où les Muses lui donnaient l’inspiration, dans un paysage onirique de verdure et de ruisseaux au clair de lune, et le présent du désenchantement. Ce qui lui confère un aspect de réelle esthétique, tout en dégageant une atmosphère mélancolique qui nous entraîne dans un univers lyrique.

Au delà de ces règles, maîtrisées parcelui qui, avec Marot et Ronsard donna au sonnet français ses lettres de noblesse, Du Bellay ajoute son "style" :

Observez comme il met en valeur ses regrets d’être vide de toute inspiration, au ton lyrique qu’il adopte: L’isolement de l'interjection « Las », évoque, par sa position au début du premier vers, la domination d’un sentiment de profond désespoir. Il servira, avec la formeinterrogative, de contrepoint à toutes les évocations "positives" des deux quatrains. Comment ne pas se souvenir alors que le sonnet est d'abord destiné à être chanté, comment ne pas ressentir le rythme, la mélodie, et ce contrepoint qui marquera la rupture avec le moyen âge et sera le fondement de la musique polyphonique de la renaissance jusqu'au XIXème siècle ?
Alors le lyrisme prend son essor ets’étend sur la totalité du poème, tout d'abord avec les évocations "épiques" de la jeunesse oubliée : "ce cœur vainqueur", "désir de l'immortalité", "flamme" et le lecteur devient un héro grec de Camelot, puis un nouveau tableau apparaît, le lecteur est alangui prêt d'un ruisseau où tout n'est que "luxe, calme et volupté ou un chevalier" comme dira, encore trois cents ans plus tard, Baudelaire, un...
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