Le danger, ce n’est pas ce que l’on ignore ; c’est ce que l’on tient pour certain et qui ne l’est pas

Pages: 5 (1157 mots) Publié le: 5 mai 2010
Expliquez et illustrez, en regard des expériences humanistes du XVI° siècle, ce qui permet de nos jours à Marc Twain d’affirmer que : « Le danger, ce n’est pas ce que l’on ignore ; c’est ce que l’on tient pour certain et qui ne l’est pas. »

« Le 24 août 1572, jour de la Saint-Barthélemy, le carillon de l’église de Saint-Germain l’Auxerrois, en face du Louvre, donne le signal du massacre desprotestants, à Paris et dans le reste du pays. C’est le jour le plus noir des guerres de religion - entre catholiques et protestants - qui ont ensanglanté le pays pendant plus d’une génération. […] On évalue le nombre total de victimes dans l’ensemble du pays à 30.000 […]. Il n’empêche que le massacre n’est pas ressenti avec une horreur particulière par les contemporains. Il apparaît à ceux-ci commerelativement banal dans l’atmosphère violente de l’époque. » L’instabilité et l’insécurité de ce siècle ont ébranlé d’innombrables vies. Elles ont blasé et épuisé tout un peuple. C’est pourquoi les humanistes avaient le désir de retrouver des bases stables sur lesquelles construire leur vie ou ériger leurs opinions. Il leur fallut tout vérifier pour écarter l’erreur de la certitude, distinguerle vrai du faux. Comme Marc Twain, aucun d’eux ne craignait l’ignorance ; mais ce dernier va plus loin. Il affirme en effet que « le danger […] ; c’est ce que l’on tient pour certain et qui ne l’est pas ».

Si l’on en croit le père de Tom Sawyer, le danger ne vient pas de ce que l’on ignore. Il convient en conséquence de ne pas en avoir peur. Cessons donc de craindre la menace extraterrestre,ceux qui sont différents de nous, ou l’article 342 alinéa 12 de la loi anti-corruption des fonctionnaires d’état. Quoiqu’il y ait peut-être quelqu’un qui connaisse cet « alinéa »… ?!

En fait, il existe deux catégories d’information parmi celles que nous ignorons : celles que nous sommes susceptibles de connaître un jour (parce qu’elles nous sont accessibles) et celles que nous ne connaîtronsjamais. Dans cette dernière catégorie, nous pouvons ranger ce qui se passe dans la tête des gens ainsi que ce dont demain sera fait. Si nous avons tous planifié de lire un jour les grands classiques de la littérature, d’apprendre une autre langue ou de nous ouvrir à la culture japonaise, jamais nous ne saurons si les personnes qui rient dans notre dos le font parce qu’elles se moquent de nous ou ceque sera la vie lorsque nous aurons quitté notre travail, si un jour nous le quittons.

Pourtant, ces questions nous obsèdent et quelquefois même nous paralysent. Nous craignons tous le jugement de l’autre, nous redoutons souvent les conséquences de nos actes. Mais Marc Twain nous dit que le danger n’est pas là. Osons nous lancer ! Avançons vers l’inconnu sans nous soucier de ce qui arrivera oude ce qu’en pensera Etienne !

Toujours selon l’écrivain américain, le danger réside dans ce que nous tenons pour certain et qui ne l’est pas, nos fausses certitudes, nos erreurs de jugement. Pour pouvoir en donner un exemple, il faudrait savoir que l’une des informations que nous tenons pour acquise est sans fondement, ce qui lui enlèverait automatiquement son statut de certitude… Impossible !Toutes nos convictions sont donc potentiellement dangereuses. Nous risquons de voir s’effondrer tout ce que nous avons construit en nous basant sur elles et, plus tard viendra la vérité, plus dure sera la chute.

Dans ce cas, que pouvons-nous faire ? Ne plus nous baser sur aucune certitude reviendrait à ne plus prendre aucune décision. Sommes-nous dans le vrai ou dans le faux ? Quelle tortureque ce doute ! Voilà un problème qu’ont dû rencontrer les humanistes puisqu’en leur temps, eux aussi furent amenés à tout remettre en cause, à douter de tout. Leur Re - naissance passa en effet par plusieurs phases de rejet et de questionnement. Découvrant les manipulations, les tabous et les censures qui pesaient sur le domaine des connaissances de l’époque, ils durent oublier tout ce qu’ils...
Lire le document complet

Veuillez vous inscrire pour avoir accès au document.

Vous pouvez également trouver ces documents utiles

  • Ce n’est pas la technique qui est mauvaise, c’est l’usage que l’on en fait.
  • Ce n'est point avec des idées que l'on fait des vers... c'est avec des mots
  • Ce n’est point avec des idées que l’on fait des vers… c’est avec des mots
  • « Le bonheur n’est pas une gare où l’on débarque c’est une façon de voyager »
  • La liberté c'est faire ce que l'on veut
  • C'est en surprenant que l'on devient dominant
  • Etre libre ce n'est pas pouvoir ce que l'on veut mais vouloir ce que l'on peut.
  • On ne peut etre juste si l'on n'est humain

Devenez membre d'Etudier

Inscrivez-vous
c'est gratuit !