Le léviathan 13 à 14

8656 mots 35 pages
Le léviathan 13 à 14 :
Chapitre 13 : De la condition du genre humain à l’état de nature, concernant sa félicité et sa misère
Par nature, les humains sont égaux : La nature a fait les humains si égaux que la différence entre deux personnes n’ est pas à ce point considérable que l’ un d’ eux puisse s’ en prévaloir et obtenir un profit quelconque pour lui-même auquel l’autre ne pourrait prétendre aussi bien que lui. Le principe de l’égalité par nature des humains entre eux ne repose pas sur une observation empirique des facultés des uns et des autres. Il s’agit au contraire de l’affirmation de l’égalité selon un droit pas nature. Ce qui peut faire qu’on ne puisse croire à une telle égalité n’est que la vaine idée que chacun se fait de sa propre sagesse ; chacun se croyant supérieur aux autres, tous sont égaux en vanité car il n’existe pas d’ordinaire de meilleur signe d’égalité dans la distribution de quelque chose que le fait que chacun soit satisfait de sa part.
L’égalité engendre la défiance : Cette égalité des aptitudes engendre l’égalité dans l’espérance que nous avons de parvenir à nos fins. Ainsi, si deux personnes convoitent la même chose, ils deviennent ennemis et s’efforce de s’éliminer ou de s’assujettir l’un l’autre.
La défiance engendre la guerre : A cause de cette défiance de l’un envers l’autre, un homme n’a pas d’autre moyen aussi raisonnable que l’anticipation pour se mettre en sécurité, autrement dit se rendre maître, par la force et les ruses, de la personne du plus grand nombre possible de gens, aussi longtemps qu’il ne verra pas d’autre puissance assez grande pour le mettre en danger. De plus, comme il y en a qui prennent plaisir à contempler leur propre puissance à l’œuvre dans les conquêtes, ils les poursuivent bien au-delà de ce qui est nécessaire à leur sécurité. Les humains n’éprouvent aucun plaisir à demeurer en présence les uns des autres s’il n’y a pas de puissance capable de les

en relation